critique - Piège pour Cendrillon : Vous allez courir ! - Avignon Off - (15/07/18)

La machination est diabolique. Un crime qui serait parfait, sans les investigations dérangeantes d’un de ses auteurs qui en est devenue la victime. Cette femme qui semble amnésique, survivante d’un incendie, d’un accident grave. Le visage reconstruit, elle doute de son identité. A la clé il y a beaucoup d‘argent en jeu… Les élements du polar sont réunis. Le roman de Sébastien Japrisot paru en 1963 avait donné prise à un film en 1965. C’est maintenant sur scène, au théâtre, dans une adaptation de Aïda Asgharzadeh que celle qui se réveille à l’hôpital le visage et les mains brulées part à la recherche de son passé. La pièce se déconstruit soigneusement, abolissant l’unité de temps et de lieu à l’image de ce gigantesque élément de décor, une boiserie, rompue en son milieu. Le suspense de ce thriller est tangible, soigneusement soutenu par une musique lancinante. Les comédiennes sont d’une beauté et d’un glamour hitchcockien, et la mise en scène de Sébastien Azzopardi installe une atmosphère d’inquiétude et de tension palpable. Pour autant le spectateur devra s’accrocher pour suivre l’intrigue alambiquée. Un complot criminel ce n’est jamais simple ; celui-ci particulièrement avec ses comédiennes aux noms, aux visages, aux costumes et aux histoires interchangeables. Sébastien Azzopardi s’amuse à nous semer pour mieux nous surprendre. Il y parvient.

François Varlin

Piège pour Cendrillon
D’après le roman de Sébastien Japrisot. Adaptation Aïda Asgharzadeh 
Mise en scène de Sébastien Azzopardi 
Avec Alyzée Costes, Nassima Benchicou, David Talbot, Aurélie Boquien
(en alternance avec Carole Reppel Baele, Aïda Asgharzadeh, Sébastien Azzopardi, Céline Esperin)
Durée 1h20
Avignon, Théâtre Actuel du 6 au 29 juillet à 19h05, 
Durée: 1h25
04 90 82 04 02
www.atelier-theatre-actuel.com