critique - Summerless : Politique de l’intime - Avignon In - (11/07/18)

En Iran, le monde de l’éducation est en pleine transformation. Longtemps gratuit, comme le veut la Constitution, il s’est, voilà quelques années, ouvert aux établissements privés qui en ont chamboulé l’équilibre. Cette valse entre tradition et modernité, idéal révolutionnaire et aspiration libérale, qui secoue toute la société iranienne, Amir Reza Koohestani l’orchestre au rythme d’un tourniquet bleu, dans une cour d’école d’où il sonde les impacts du politique sur l’intimité du quotidien. 
Mère de famille, surveillante et peintre sans succès, les trois personnages anonymes de Summerless sont réunis, le temps d’une année scolaire, autour d’un projet pictural. Il vise à recouvrir, par une vaste fresque, les slogans révolutionnaires qui ornent les murs de la cour. Sensible, élégant, le jeu de Mona Ahmadi, Saeid Changizian et Leyli Rashidi éprouve avec justesse le poids du contrôle qui pèse sur leurs épaules, mais la proposition dramaturgique de Koohestani manque de souffle et de puissance. Encadré par une utilisation curieusement malhabile de la vidéo, l’ensemble très feutré, tout en demi-mots, transforme le statisme en paralysie et semble davantage tourné vers lui-même que vers son public.

Vincent Bouquet

Summerless
Texte et mise en scène Amir Reza Koohestani
Festival d’Avignon, La Chartreuse de Villeneuve Lez Avignon, 04 90 14 14 14
du 8 au 15 juillet


Avignon 2018

Tartiufas
Un coeur simple
Louise
Ich bin Charlotte
Le CV de Dieu
Hamlet
Piège pour Cendrillon
Plus grand que moi
Qui suis-je ?
Naissance(s)
J'aime Valentine
Mademoiselle Molière
Signé Dumas
Le dernier homme
Mesdames, Messieurs
Summerless
La Reprise
Kreatur
Iphigénie
La véritable histoire du
Au delà de la forêt
Joueurs, Mao II, Les Noms
OVNI(S)
Pur Présent
Adieu Monsieur Haffmann
Moi Papa
L'Idiot
Thyeste
Hamlet