Critique Off - Les Nuits blanches - on se régale
C’est un petit bijou : une courte pièce à deux comédiens, dans la petite salle du Lucernaire, adaptée du roman de Dostoievski Les Nuits blanches. On y ressent déjà ce qui influencera, plus tard, Stefan Zweig. Ronan Rivière en s’emparant de ce texte pour le porter à la scène, présente deux êtres, vivant le drame de la solitude. Ils se croisent un soir par hasard, se cherchent, se revoient, s’imaginant chacun une promesse de solution et d’avenir pour l’autre. À l’évidence, la relation est boiteuse entre ce rêveur un peu gauche, un peu à part et "niais" comme il le dit lui-même, et cette jeune femme sur la défensive prête à courir l’amour pour s’extraire de sa condition.
La mise en scène de Ronan Rivière est équilibrée et juste. Replaçant la rencontre dans une URSS des années 60, au pied d’un abri de bus improbable et d’un réverbère impersonnel. Là, ces deux anonymes prennent corps sous nos yeux, se racontent, se confient, s’enivrent de projets ; se déçoivent aussi. Laura Chetrit joue cette jeune femme bavarde, aspirant avec force à s’émanciper du chaperonnage oppressant de sa grand-mère ; elle fait preuve d’un jeu volontaire, claquant et brillant. Face à elle, Ronan Rivière maîtrise en sobriété son personnage de simple et d’amoureux. Élocution claire, voix timbrée, il fait sonner les mots avec une volonté qui n’a d’égal que les sentiments qu’il se met à éprouver pour cette inconnue. Tous deux s’affirment sur le plateau en opposition ou en complicité, font vibrer leur cœur et leur caractère. Ils investissent l’espace de leur personnalité si différente, se font rire ou se font peur. On se régale de voir un duo aussi incertain et bancal s’essayer à l’harmonie. Quel jeu jouent-ils ? Qui est dupe ? Le dialogue est intelligent et sensible, émouvant et drôle, soutenu par les notes de Rachmaninov jouées au piano (Olivier Mazal). Leurs projets fous laisseront place à des illusions perdues dans un dénouement soudain, surprenant et cruel. Sans complaisance larmoyante, Ronan Rivière traite l’œuvre avec une simple efficacité et une claire proposition de la psychologie des personnages. On aime beaucoup !
François Varlin
Dans le OFF
La mise en scène de Ronan Rivière est équilibrée et juste. Replaçant la rencontre dans une URSS des années 60, au pied d’un abri de bus improbable et d’un réverbère impersonnel. Là, ces deux anonymes prennent corps sous nos yeux, se racontent, se confient, s’enivrent de projets ; se déçoivent aussi. Laura Chetrit joue cette jeune femme bavarde, aspirant avec force à s’émanciper du chaperonnage oppressant de sa grand-mère ; elle fait preuve d’un jeu volontaire, claquant et brillant. Face à elle, Ronan Rivière maîtrise en sobriété son personnage de simple et d’amoureux. Élocution claire, voix timbrée, il fait sonner les mots avec une volonté qui n’a d’égal que les sentiments qu’il se met à éprouver pour cette inconnue. Tous deux s’affirment sur le plateau en opposition ou en complicité, font vibrer leur cœur et leur caractère. Ils investissent l’espace de leur personnalité si différente, se font rire ou se font peur. On se régale de voir un duo aussi incertain et bancal s’essayer à l’harmonie. Quel jeu jouent-ils ? Qui est dupe ? Le dialogue est intelligent et sensible, émouvant et drôle, soutenu par les notes de Rachmaninov jouées au piano (Olivier Mazal). Leurs projets fous laisseront place à des illusions perdues dans un dénouement soudain, surprenant et cruel. Sans complaisance larmoyante, Ronan Rivière traite l’œuvre avec une simple efficacité et une claire proposition de la psychologie des personnages. On aime beaucoup !
François Varlin
Dans le OFF
Les Nuits blanches, d’après l’œuvre de Dostoïevski, mise en scène Ronan Rivière, avec Laura Chetrit et Ronan Rivière, piano Olivier Mazal, musique Sergueï Rachmaninov
Petit Louvre - chapelle des Templiers 3 rue Félix Gras. 04 32 76 02 79. Du 4 au 25 juillet à 15h50 sauf les jeudis
Petit Louvre - chapelle des Templiers 3 rue Félix Gras. 04 32 76 02 79. Du 4 au 25 juillet à 15h50 sauf les jeudis
