Critique Off - Chimère - Mal de mère

C’est une trilogie qui ne dit pas vraiment son nom… Après avoir exploré la relation tourmentée à sa mère dans Lalalangue et Le Grand jour, l’autrice, actrice et metteuse en scène Frédérique Voruz raconte son chemin semé d’obstacles vers la maternité, à travers l’histoire tristement banale d’un couple, Stella et Neven essayant désespérément de faire un enfant. Mais plutôt que de pleurer sur leur sort, Chimère choisit de le faire à travers un vrai-faux conte de fées, qui envoie valdinguer les clichés. Frédérique Voruz, elle-même, incarne une (bonne ?) fée survoltée, sans baguette magique mais avec bas résille et bottines rouge écarlate, sans formules toutes faites mais avec un franc-parler débridé, qui frôle parfois la sortie de route. "La maternité n’est pas un droit !" s’égosille-t-elle. Ce rôle, elle l’incarne en alternance avec celui du médecin qui accompagne les aspirants parents dans leur parcours de PMA. Tout ce petit monde évolue dans un grand cercle de sable qui symbolise le ventre de la mère, rythmé par les riches nappes sonores et musicales d’Eliott Maurel. Malin et souvent drôle, tendre aussi, le spectacle qui mêle fable contemporaine et instructif exposé sur l’insémination artificielle n’oublie ni l’intime, ni la fantaisie qui sont la marque de fabrique de cette créatrice au talent si singulier.
Nedjma Van Egmond
Nedjma Van Egmond
Dans le Off
Chimère, de et mise en scène Frédérique Voruz. Théâtre des Halles, jusqu’au 25/7, 14h. Relâches les 8, 15 et 22
Chimère, de et mise en scène Frédérique Voruz. Théâtre des Halles, jusqu’au 25/7, 14h. Relâches les 8, 15 et 22