Critique Off - GARCON FIEVRE - Fièvre délicate

C’est un inventaire à la Prévert du gay Paris des années 80 et 90. Un manuel pour les non initié(e)s, l’évocation d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Sur l’écran en fond de scène, défilent les noms de figures de l’époque, de titres de journaux et revues, mais surtout de lieux de fête, du Queen au Palace, du Gibus aux Bains-Douches. C’est aussi, et surtout, la plongée dans un destin, celui de Tim Madesclaire, le récit de ses amours et de sa maladie. Un survivant, un miraculé même, qui a résisté au sida pendant que ses proches, ses amours, étaient décimés et qui, après avoir été journaliste, œuvre au sein de l’association AIDES à la prévention des risques.
Après avoir créé un spectacle sur Guillaume Dustan, Guillaume, Jean-Luc, Laurent et la journaliste, Jeanne Lazar, a déplacé la focale sur Tim. Elle entreprend ce projet domestique avec Timothée Lerolle, son compagnon, et questionne leur histoire d’amour en miroir avec celle(s) de Tim Madesclaire. Ils incarnent Tim tour à tour et délivrent, face public, un récit passionnant, qui raconte l’intime mais aussi une époque. Ce n’est pas un documentaire sur le sida, ce n’est pas un exercice d’admiration comme l’avait signé Christophe Honoré dans le magnifique Les Idoles mais c’est un hommage touchant, drôle aussi parfois à un homme. Surtout une célébration de l’amour, de la survivance du désir malgré les épreuves, des façons de cheminer ensemble, au long cours. Joli duo que ce couple à la ville, rejoint au plateau par son chat Grokosto. Garçon Fièvre est un spectacle fiévreux mais non fébrile. Il est délicat de bout en bout, jusque dans la chanson qui le clôt -Et si je m’en vais avant toi- et même les applaudissements qui se déploient, à la demande des artistes, non pas en claquant nos mains l’une contre l’autre, mais en faisant juste tinter nos doigts et lâchant "Bravo" dans un murmure.
Nedjma Van Egmond
Après avoir créé un spectacle sur Guillaume Dustan, Guillaume, Jean-Luc, Laurent et la journaliste, Jeanne Lazar, a déplacé la focale sur Tim. Elle entreprend ce projet domestique avec Timothée Lerolle, son compagnon, et questionne leur histoire d’amour en miroir avec celle(s) de Tim Madesclaire. Ils incarnent Tim tour à tour et délivrent, face public, un récit passionnant, qui raconte l’intime mais aussi une époque. Ce n’est pas un documentaire sur le sida, ce n’est pas un exercice d’admiration comme l’avait signé Christophe Honoré dans le magnifique Les Idoles mais c’est un hommage touchant, drôle aussi parfois à un homme. Surtout une célébration de l’amour, de la survivance du désir malgré les épreuves, des façons de cheminer ensemble, au long cours. Joli duo que ce couple à la ville, rejoint au plateau par son chat Grokosto. Garçon Fièvre est un spectacle fiévreux mais non fébrile. Il est délicat de bout en bout, jusque dans la chanson qui le clôt -Et si je m’en vais avant toi- et même les applaudissements qui se déploient, à la demande des artistes, non pas en claquant nos mains l’une contre l’autre, mais en faisant juste tinter nos doigts et lâchant "Bravo" dans un murmure.
Nedjma Van Egmond
Dans le Off
Garçon Fièvre, conçu par et avec Jeanne Lazar et Timothée Lerolle, mise en scène Jeanne Lazar. Jusqu’au 23/7, jours impairs, Théâtre du Train Bleu, 14h45