Critique Off - FORCENE - Rois de la petite reine

Il pédale, pédale, pédale encore, inlassablement. Le nez dans le guidon, il nous embarque avec lui pour nous conter la grande aventure du cyclisme et de ses héros, galériens de la route, repousseurs de limites, auteurs d’exploits qui resteront dans l’histoire. Jacques Anquetil, Bernard Hinault, Gino Bartali, Fausto Coppi, Marco Pantani… Tous ont gravé leurs noms dans l’imaginaire collectif et dans le bitume. Certains pour leurs descentes effrénées, d’autres pour leurs ascensions phénoménales. Certains sont morts sous les roues d’un camion, d’autres ont choisi de se suicider. L’auteur Philippe Bordas signe avec Forcenés une série de chroniques qui, chacune célèbre l’un d’entre eux. Il y a de la ferveur, de l’admiration dans ses mots, du lyrisme même, et quelque chose de captivant à entendre toutes ces trajectoires. Mais pourquoi nous les délivrer dans une mise en scène et un jeu si monocordes ? L’écran du fond déroule images d’archives et d’autres plus métaphoriques (vidéo Othello Vilgard). Mais l’acteur dirigé par Jacques Vincey, Léo Gardy, impeccable, ne quitte jamais sa selle ni ses pédales et ne vacille jamais dans le ton, sobre, monotone. On aurait aimé du souffle, de l’enthousiasme, quelque chose qui nous attire vers la communion euphorisante de l’exploit sportif de ces rois de la petite reine, qui sans cesse remettent leur vie en selle. Au lieu de cela, un encéphalogramme, volontairement, mais si désespérément plat.
Nedjma Van Egmond


Dans le Off
Forcené, texte Philippe Bordas, adaptation et mise en scène Jacques Vincey, avec Léo Gardy. Le 11, 11 boulevard Raspail 84000 Avignon, 04 84 51 20 10, à 10h15





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