Critique In.  Le Mur Invisible : question de survie - (24/07/21)

C’est sur une proposition de l’autrice Lola Lafon que Chloé Dabert a accepté de pénétrer dans l’étrange univers de Marlen Haushofer et de son roman le plus célèbre, Le Mur Invisible. Sorte de journal intime survivaliste, il plonge dans le quotidien d’une femme qui voit sa vie s’effondrer quand, après une catastrophe planétaire, elle se retrouve coincée, en même temps que protégée, derrière un mur invisible. Alors qu’au dehors tout semble décimé, elle tente de se réinventer, comme elle le peut, de bâtir un autre monde, où le végétal et l’animal auraient toute leur place. Un ouvrage qui, s’il date des années 1960, résonne curieusement avec notre monde, menacé par le réchauffement climatique.

Joliment accompagnée par la violoncelliste Maëva Le Berre, Lola Lafon livre une performance emplie de fragilités et de maladresses qui offrent, paradoxalement, un supplément d’âme à cette femme contrainte d’évoluer à tâtons pour ne pas sombrer. Si la direction d’acteurs de Chloé Dabert ne parvient pas à suffisamment gommer les doutes d’une autrice peu habituée aux planches, ces fêlures laissent, malgré tout, passer un mince filet de lumière qui émeut, à l’arrachée, par le clair-obscur qu’il génère.
Vincent Bouquet


Le Mur Invisible, d’après Marlen Haushofer, mise en scène Chloé Dabert
Cour du Musée Calvet, Festival d’Avignon, 65 rue Joseph Vernet 84000 Avignon, 04 90 14 14 14, du 21 au 23/07, puis à la Comédie de Reims du 25/09 au 01/10




Photo : Le Mur Invisible © Christophe Raynaud de Lage


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