THEATRE NOUVELLE GENERATION - CDN

TRUE COPY
BERLIN
Bart Baele & Yves Degryse
LIEU : LE TNG - VAISE 1 et 2 oct
« Le seul à ne pas jouir de reconnaissance est le faussaire. Sauf
s’il est démasqué ». Avant de se faire arrêter, Geert Jan Jansen a
vendu pendant des années des faux Picasso, Chagall ou Matisse,
à des musées du monde entier. Dans la mise en scène du groupe
Berlin, il raconte son histoire, un des grands scandales récents de
l’Art contemporain.
En croisant plusieurs disciplines artistiques sur le plateau, Bart
Baele et Yves Degryse du groupe Berlin dessinent le portrait
d’un homme toujours debout. True Copy est une vraie charge
sur les hypocrisies du monde de l’Art. Une histoire ? Plutôt une
suite d’histoires extraordinaires. Et un vrai scandale ! En 1994,
la police met un terme à l’extraordinaire activité du néerlandais
Geert Jan Jansen, auteur de milliers de faux tableaux, achetés par
des musées, authentifiés par des experts et même contresignés
par des peintres, ne pouvant douter qu’il ne s’agisse pas d’une
de leurs oeuvres lors d’une vente publique ! Faussaire de génie
devenu homme fortuné, Geert Jan Jansen n’en a pas moins connu
cette addiction étrange qui consiste à faire des faux. Peut-on
toutefois parler de faux quand le tableau est une oeuvre aboutie,
qui enrichit l’oeuvre de l’artiste imité et crée des émotions
semblables à celles éprouvées devant ses « vraies » toiles ? En
déployant les ambiguïtés et subterfuges d’un milieu, True Copy
révèle un autre scandale : les détestables relations entre les gens
de l’Art et l’Argent…

HULUL
Aurélien Patouillard et Marion Duval
Zooscope
D’après Arnold Lobel
LIEU : TNG - VAISE 10 oct
À peine Hulul apparaît-il sur le plateau qu’il s’adresse à vous
sans hésitation ! Et vous dit ce qui lui passe par la tête. Plus il se
raconte, plus ses pensées prennent de l’ampleur. Et comme il a
construit sa chambre-maison avec un sens évident de la bricole,
sa fragilité est proche de la catastrophe…
Inspiré d’une série de livres pour enfants d’Arnold Lobel, et
interprété par Marion Duval, Hulul est à l’origine un hibou. Il
devient ici un personnage à la fois enfant et adulte rempli de
bonne volonté et d’interrogations, qui n’a que la parole pour
survoler ses problèmes. Sa parole… et sa maison. Hulul nous
prend à témoin de sa vie, de ses façons de se débrouiller avec
une réalité qui lui paraît aussi brouillonne que sa pensée. Par ses
adresses continues au public, ce spectacle relève autant d’un
numéro d’actrice que d’une parabole sur la solitude, le rapport
à l’autre, la nécessité d’un chez-soi et le mystère du dehors.
Dans sa maison de bric et de broc, Hulul voit la vie de manière
pratique, c’est-à-dire philosophique. Avec malice, le metteur en
scène Aurélien Patouillard, qui a suivi des études de physique
appliquée, glisse des interrogations sur la science quantique et
fait de son personnage, drôle malgré lui, un être proche de nous,
par sa sensibilité et sa maladresse. En parlant autant de soi, Hulul
nous montre avec justesse combien désirer se connaître, c’est
aller vers les autres.

EN MARGE !
Joris Mathieu en compagnie de Haut et Court
LIEU : TNG - VAISE 3 au 13 oct
Et si les chemins de traverse étaient les plus grisants ? Avec En
Marge ! la nouvelle création signée Joris Mathieu en compagnie
de Haut et Court, saisissez l’occasion rare de faire un pas de côté
le temps d’une soirée.
À terre, un homme se lève soudain et se lance dans un improbable
stand-up. Son flow a la puissance d’un cri d’où s’échappe un
concentré de ces 80 dernières années. Face à lui, un mur d’écrans
déverse, au rythme de mélodies samplées, des cascades d’images
qui, depuis toujours, n’ont cessé de nous abreuver. En Marge !
est une fiction d’aujourd’hui qui, près d’un siècle après Le Loup
des Steppes de Hermann Hesse, interroge la complexité toujours
vivace de trouver son identité, sa place au sein du groupe, dans un
monde devenu difficile à suivre. Dans cette mise en scène pop,
l’introspection succède à l’exposition comme les deux versants
d’une même réalité. À vous de retrouver les clins d’oeil à l’histoire
d’hier pour questionner celle qui s’écrit dans la rencontre,
véritable ou fantasmée, de deux êtres que tout semblait opposer,
si ce n’est ce besoin essentiel d’exister.
En Marge ! Assurément. Pour rire de soi et observer à la loupe ce
qu’il reste de ce vieux monde et percevoir, derrière la tragédie de
nos vies, ce qui n’est peut-être qu’une vaste comédie.

_JEANNE_DARK_
Marion Si.fert
LIEU : LE TNG - VAISE 18 et 19 nov
Ce soir, sur son compte Instagram, Jeanne nous raconte tout de
ses désirs et de ses craintes. Avec son smartphone, l’adolescente
se filme, parle et danse. Incarnée par la performeuse Helena de
Laurens, mise en scène par Marion Siéfert, la voici en live. Son
pseudo : _jeanne_dark_
Quelle image donner de soi ? Peut-on la contrôler, la partager
avec sincérité ? Comment parler de sexualité ? Et déjà de sa
virginité pour commencer ? Jeanne, seize ans, orléanaise élevée
dans la religion catholique, éprouve chaque jour ces questions.
Grâce au réseau social Instagram, elle décide de tout déballer un
soir, en direct, avec l’espoir secret de triompher des obstacles et
des jugements.
Helena de Laurens est cette adolescente devant son smartphone
dont l’image est projetée sur un grand écran. Elle se filme en
gros plan, sous tous les angles, désireuse de s’affranchir du
poids du quotidien, parler de sa famille, tenter simplement de
se connaître. En multipliant les masques et les rôles au-delà de
tout voyeurisme, Jeanne essaie d’approcher sa propre existence.
Instagram lui permet, de manière essentielle à son âge, d’être et
de se préserver.
Après 2 ou 3 choses que je sais de vous accueilli la saison passée,
Marion Siéfert continue de donner corps à des êtres en devenir,
en unissant l’espace du théâtre à l’usage de la vidéo (avec
certains soirs le spectacle accessible en live sur Instagram). À nous
d’entendre la voix de Jeanne Dark

QUE DU BONHEUR
(AVEC VOS CAPTEURS)

Thierry Collet
Compagnie La Phalène
LIEU : LES ATELIERS - PRESQU'ILE 25 au 28 nov
Être magicien aujourd’hui : un défi quand les ordinateurs, à
coups d’algorithmes et de logiciels, vont de plus en plus vite
et parviennent à deviner les pensées des spectateurs. Face aux
nouvelles technologies, l’illusionniste Thierry Collet s’interroge :
résister ou pactiser ? Et s’il fusionnait avec les machines ?
Que faire quand la technologie dépasse la rapidité de
raisonnement de l’humain et trouve les cartes choisies par un
spectateur avant le magicien ? Ou qu’un magicien mort vous
propose d’être son ami sur Facebook ? Illusionniste, magicien,
mentaliste et acteur, Thierry Collet est autant un artiste qu’un
observateur informé du milieu de la magie, de sa pluralité et de
ses évolutions. Pas question de se résigner devant les ressources
écrasantes de la technologie ! Dans un numéro interactif
(dont cet illusionniste a le secret), Que du bonheur (avec vos
capteurs) propose au public tout ce qui pourrait anéantir
(apparemment) l’art du magicien : une application pour créer
l’image en trois dimensions d’un individu, qui dès qu’on la
touche l’atteindra aussi… un jeu de calcul avec un algorithme…
un scanner dupliquant vers d’autres lieux les affaires du public…
ou l’injection d’un rêve par un programme informatique dans un
spectateur ! En alliant esprit humain et machine, Thierry Collet
donne avec son élégance habituelle une nouvelle dimension à la
prestidigitation et crée un dialogue passionnant avec le public
à l’ère du monde connecté. Venez rencontrer votre double
numérique…

REMI
Jonathan Capdevielle - Poppydog
D'après Hector Malot
LIEU : TNG - VAISE 28 nov au 2 dec
Sortez vos mouchoirs, voici un spectacle à forte charge
émotionnelle. Jonathan Capdevielle signe le grand retour de
Rémi, jeune garçon de huit ans vendu pour quarante francs
à Vitalis, artiste de rue sillonnant les routes de France en
compagnie du chien Capi et du singe Joli-Coeur.
Pour sa première création à destination du jeune public, ce
marionnettiste génial et fidèle compagnon de route de Gisèle
Vienne s’est intéressé à la figure de ce « sans famille », héros du
roman éponyme d’Hector Malot adapté au cinéma et à l’écran
dans de nombreux mangas et séries à succès des années 80.
Ici, nous sommes spectateurs du parcours singulier de Rémi, un
jeune artiste dont la passion pour le chant est née d’une rencontre
inattendue avec Vitalis, véritable dandy roi de la SAPE*,
accompagné d’animaux savants. Nous suivons la route de cette
drôle de troupe, qui croise de nombreux personnages masqués
et costumés aux allures de poupées étranges. Dans son rapport
direct et authentique aux épreuves de la vie, Rémi parcourt
l’existence comme un terrain d’apprentissage et de réflexion sur
la route de l’indépendance. Composé en deux épisodes, Rémi est
également une fiction radiophonique que l’on emporte avec soi
pour l’écouter à la maison.
* Société des ambianceurs et des personnes élégantes

A POILS
Alice Laloy
La Compagnie S’Appelle Reviens
LIEU : TNG - VAISE 12 et 13 dec
Trois types, des gros bras comme on dit, avec des têtes bien
chevelues… Pas de gradins, pas de coussins. Un spectacle estil
prévu ? Et si, lentement mais sûrement, nos trois individus
faisaient preuve de douceur ? Et si l’espace autour de nous se
transformait en un grand cocon enveloppant ?
La délicatesse a-t-elle un visage ? Pourquoi ne pas présenter à
des tout-petits les tronches de trois roadies barbus et cloutés,
trois mines patibulaires mais presque ? En choisissant d’opérer
un décalage dans la représentation de l’adulte sur scène, Alice
Laloy, accueillie en 2017 pour Ça dada, interroge nos préjugés
sur l’autre, son allure comme sa capacité à inspirer confiance.
Avec ses comédiens (pour lesquels quarante minutes de
transformation poilue sont nécessaires à chaque représentation),
elle ouvre un univers singulier : nous confronter à des individus
taiseux, sur la réserve, qui progressivement vont changer face aux
spectateurs, grands et petits. Dans À poils, la bienveillance se met
en marche et contamine l’espace de sa matière poilue et chevelue.
Ces barbus se laissent apprivoiser, jouent avec le matériel qu’ils
ont l’habitude de porter et timidement inventent leur propre
musique. En se révélant capables d’attention, ils émeuvent
par leur distinction et leur pudeur. Le poil est ici la membrane
sensible d’une évolution, d’une révélation. Au classique « Qu’estce
qu’elle a ma gueule ? », ce spectacle répond avec originalité en
prenant la question à rebrousse-poil.

ERSATZ
Julien Mellano
A.E A.E A.E - Collectif d’artistes
LIEU : LES ATELIERS - PRESQU'ILE 10 au 12 dec
« Comment parler technologie sans technologie ? Grâce aux
super-pouvoirs des objets. » Julien Mellano détourne les produits
fabriqués par l’homme pour en partager une perception nouvelle.
Célébration de l’imaginaire, Ersatz troque la dystopie contre le
plaisir d’un univers burlesque.
La nature résistera-t-elle à la technologie ? À l’ère numérique,
tout est accélération. Communiquer mieux, plus vite, échanger,
apprendre en ligne : l’homme moderne est submergé par la
technologie, servie en un clic à domicile. Julien Mellano invite
à découvrir ce monde vu de la fenêtre de son ordinateur. Il
utilise les emballages des commandes et affronte cette lente
aliénation… sans dire un mot. Par un art du détournement, ne
peut-on pas percevoir des alchimies nouvelles dans la vacuité
d’objets technologiques devenus « vestiges du futur » et ainsi
réenchanter le monde ? Quand ne règnent que la cybernétique
et l’intelligence artificielle, l’artiste crée sur une table une batterie
d’objets et propose de rêver. Morceaux de carton et fils de laine
deviennent les éléments d’une indéniable réalité augmentée.
Julien Mellano nous invite, à la croisée de la performance et
des arts plastiques, à penser notre évolution en regardant vers
l’origine. En nous permettant de rire de tant d’incongruités,
Ersatz délivre une saveur bienvenue : ce théâtre d’objets offre
toutes les manipulations possibles pour toucher du doigt un
présent palpitant comme pour conjurer un futur inquiétant.

FORECASTING
Giuseppe Chico et Barbara Matijević
Compagnie Premier stratagème
LIEU : LES ATELIERS - PRESQU'ILE 12 au 14 janvier
La Toile. La chaîne Youtube et ses vidéos : célébration de la
vie intime, entre tutoriaux, partages d’instants, jeux vidéo et
têtes en gros plan. Avec un ordinateur portable et une artiste,
Forecasting éloigne le zapping pour raconter la fusion troublante
d’un corps avec des films amateurs en tous genres.
Posé sur un simple support, un ordinateur et des vidéos en plein
écran. Il suffit pour Barbara Matijević de passer derrière et déjà
la métamorphose opère : le visage d’un inconnu devient le sien
ou juste une partie de son corps ! Des interactions surgissent :
devenue homme, elle se rase le matin, hyper-musclée elle vous
montre des exercices de gymnastique, à moins qu’un chien vienne
lui lécher le visage… Et quand ses pieds virtuels ne deviennent
pas l’objet d’une dévotion amoureuse, sa main derrière l’écran
saisit un révolver et tire dans un jeu en réseau. Dans de multiples
contorsions, et avec une synchronie bluffante, un corps « vrai »
épouse les actions d’internautes anonymes, qui enseignent, se
montrent ou jouent avec leurs animaux de compagnie, tentant
chacun d’exister entre sens pratique, auto-ironie, sensualité ou
violence. En ethnologues d’un âge nouveau, l’Italien Giuseppe
Chico et la performeuse croate se sont portés vers la profusion
des vidéos à l’ère numérique. Les deux artistes inventent une
narration originale et font percevoir le corps humain dans des
rapports inédits, des postures nouvelles, de multiples réalités.
Jusqu’à nous plonger dans un abîme de sensations, fait d’empathie
ou de désapprobation, d’humour ou d’étonnement.

LE PETIT THEATRE DU BOUT DU MONDE OPUS II
Ezéquiel Garcia-Romeu - Théâtre de la Massue
LIEU : TNG - VAISE 22 et 23 janvier
Attention pépite ! Le Petit Théâtre du Bout du Monde n’est pas un
spectacle comme les autres. Il s’agit plutôt d’une expérience, un
de ces événements rares et inclassables qui laissent leurs traces
dans la mémoire, longtemps après. Derrière ce titre à la saveur
de pays lointain, Ézéquiel Garcia-Romeu nous parle du monde
d’aujourd’hui, entre nos renoncements et nos utopies.
Allégorie du monde, performance poétique et théâtrale, Le
Petit Théâtre du Bout du Monde fait fi des frontières de l’espace
et du temps. Artiste de l’infime, le metteur en scène d’origine
argentine Ézéquiel Garcia-Romeu est un démiurge qui révèle un
monde hors du commun, en équilibre précaire entre beauté et
brutalité de la matière. Le Théâtre de la Massue casse ici d’emblée
les codes de la représentation et nous invite à la construction
en direct d’un territoire en interaction avec son pendant virtuel.
Sur scène, c’est l’émergence d’un paysage vaporeux et accidenté
qui s’élabore et se peuple peu à peu de marionnettes aux visages
sculptés. Çà et là, ces petits êtres s’affairent autour d’étranges
tâches, parfois absurdes, et participent avec minutie d’une
savante petite machinerie. Immergée dans cet univers artisanal
fait de bois, d’objets de récupération, de ficelles, la sphère
numérique surveille ce territoire, se dispute des morceaux de
terre et décide de leur exploitation. Avec Le Petit Théâtre du Bout
du Monde, Ézéquiel Garcia-Romeu déploie une époustouflante

ENCORE PLUS, PARTOUT, TOUT LE TEMPS
Collectif L'Avantage du doute
LIEU : TNG - VAISE 26 au 28 janvier
Existe-t-il un lien entre l’urgence climatique et la haine des
femmes ? À cette interrogation surprenante, le collectif
d’acteurs-auteurs L’Avantage du doute répond par l’affirmative :
oui, la condition féminine est en partie liée à l’état de notre
planète. Avec leur sens habituel de la dérision, les cinq artistes
secouent les conventions en électrisant la scène.
Après La Caverne, version dystopique de l’allégorie de Platon pour
jeune public accueillie voici deux saisons, L’Avantage du doute
s’immerge à nouveau dans ses interrogations politiques. Est-il
possible d’associer l’Anthropocène au patriarcat ? À question
difficile, réponse théâtrale dynamique : L’Avantage du doute unit
ses forces pour faire du plateau un espace d’expérimentations
et de réflexions plein d’humour et répond avec énergie aux
enjeux environnementaux et au règne du masculin. Cette vision
collective s’exprime dans une suite de séquences aussi diverses
qu’engagées, issues des recherches de chaque artiste : un repas
entre amis qui tourne mal, un décor ressorti à l’occasion d’un
spectacle, notre difficulté à pleurer ensemble et le désir de
devenir un ours blanc ! Et si Encore plus, Partout, Tout le temps
bouleverse nos points de vue, le collectif nous le rappelle haut et
fort : il s’agit avant tout, malgré un sujet apparemment tragique,
d’une comédie…

FIRE OF EMOTIONS : PALM PARK RUINS
Pamina de Coulon - BONNE AMBIANCE
LIEU : LES ATELIERS - PRESQU'ILE 2 au 4 février
Comment habiter la terre, au-delà d’un constat de crise ? Avec
un engagement qui va plus loin qu’une écologie à la mode,
Pamina de Coulon interroge la propriété privée à travers la
création actuelle de nombreux potagers. Sa performance éloigne
l’utopie pour privilégier un lien original avec la Nature.
D’abord un espace en ruines. N’y figurent qu’une tente et
des drapés verts… Est-ce la fin du monde ? Peu encline à la
résignation, l’artiste romande Pamina de Coulon nous invite,
face aux enjeux contemporains, à nous mettre en route vers
un monde lucide, dans l’urgence d’un présent qui sache convier
l’image du Jardin d’Éden comme pour se rappeler une histoire de
l’émancipation ! Dans ce dénuement, l’artiste interroge l’esprit
de communauté, la possibilité de formes d’action concrètes
et engagées. À l’heure des jardins bio, Park Palm Ruins invite
à découvrir nos propres ressources dans un monde appauvri
par la pollution et menacé par la recherche bactériologique.
En critiquant la violence industrielle de notre monde, l’artiste
propose un activisme sincère afin d’habiter autrement la terre.
Il faut lutter. Les expériences sont nombreuses, soit partagées,
soit mises à l’écart par le système. Que restera-t-il finalement
au sein d’un Parc de Palmiers en ruines ? La Nature ? La gestion
humaine ou une autre pensée de l’agriculture ? En soulevant
ces questions, Pamina de Coulon donne corps à une proposition
puissante et ouverte.

L'ENFANT OCEAN
Frédéric Sonntag - Cie AsaNIsiMAsa
D'après Jean-Claude Mourlevat
CRÉATION 2020
LIEU : TNG - VAISE 23 au 26 février
Adapté d’un classique de Jean-Claude Mourlevat, L’enfant Océan
nous embarque dans un véritable road-movie, conçu comme un
fait-divers avec enquête et témoignages. Suivez le petit Yann,
sur la route avec ses six frères pour fuir un père redoutable…
Avec L’enfant Océan, livre jeunesse inspiré du conte du Petit
Poucet, Frédéric Sonntag transforme le plateau en enquête
policière. Avec ses trois grands panneaux vidéo, des trouvailles
scéniques épatantes et son défilé de personnages, ce récit
astucieux croise les épisodes de la fuite des enfants à de nombreux
moyens de locomotion, avec, à la clef, les témoignages des
personnes rencontrées, certaines sympathiques, d’autres pas du
tout ! Mené à un rythme effréné, L’enfant Océan révèle également
un premier rôle d’exception : Yann Doutreleau, marionnette
manipulée à vue et héros de cette histoire. En entendant un soir
les propos d’un père très violent, ce tout petit enfant réveille ses
six frères et les invite à fuir le danger. Voici nos sept aventuriers
à devoir affronter les dangers du monde moderne. Mais rien ne
semble pouvoir stopper la bande menée par le silencieux Yann !
Frédéric Sonntag déploie une véritable polyphonie dramatique où
se multiplient les points de vue, permettant à chaque spectateur
de créer le sien. Aventure haletante autant qu’émouvant conte.

PHEDRE !
François Gremaud
LIEU : LES ATELIERS - PRESQU'.LE 23 au 27 février
Le comédien Romain Daroles est ravi d’être sur scène. Normal :
il est venu vous parler du Phèdre de Racine. Baptisé Phèdre !,
ce spectacle est plutôt une comédie sur une tragédie. Il a tant
de choses à vous raconter sur cette pièce ! La généalogie des
protagonistes déjà. Et bien sûr l’alexandrin.
Phèdre ! est un rendez-vous idéal pour les spectateurs et se révèle
être, par la simplicité de son approche et un comédien d’exception,
une grande déclaration d’amour au théâtre. Dans une mise en
scène de François Gremaud, Romain Daroles, comédien au corps
élastique, parle ou plutôt tchatche avec candeur au sujet d’une
des plus célèbres oeuvres du répertoire classique. D’emblée, les
pas de côté sont nécessaires, les divagations nombreuses : c’est
qu’il faut se remémorer les histoires de familles des mythes grecs,
entre les amours des dieux et les désirs des humains ! Et puis il y
a la langue de Racine, cet alexandrin, qu’il faut savoir disséquer.
Avec pour accessoires un livre et une table, Romain Daroles se
lance dans un monologue hilarant qui fait de lui le passeur d’une
histoire où généalogie et meurtre se côtoient allègrement. Par
son irrévérence et son goût des chemins de traverse, François
Gremaud crée une relation complice entre ce comédien
débonnaire et le public. Nous voici à suivre les méandres de
destinées qui se retrouvent cristallisées dans la pièce de Racine et
à savourer une poésie dont la musique continue de nous émouvoir
à travers les siècles.

DORMIR CENT ANS
Pauline Bureau - La Part des anges
LIEU : TNG - VAISE 9 au 12 mars
L’adolescence, quelle histoire ! Écrit et mis en scène par Pauline
Bureau, Dormir cent ans nous plonge avec humour et inventivité
dans cette période de mutation en compagnie d’un garçon, d’une
fille et de trois adultes… sans oublier un tigre et un super-héros
grenouille. Venez découvrir le Molière du spectacle jeune public
2017 !
Devenir homme, devenir femme, voici à quoi songent Théo et
Aurore, avec les incertitudes de leur jeunesse… À bientôt 13
ans, ils se demandent qui ils sont et ce qu’ils pourraient bien
devenir ! Ils rêvent d’amour, d’aventures, de voyages, allongés
à regarder le plafond de leur chambre ou à procrastiner sur le
canapé. Quand Aurore a un tigre dans la tête, Théo, lui, a un
super-héros grenouille dans la sienne. Leurs parents respectifs
n’y comprennent pas grand-chose – eux non plus ! Les enfants
assistent aux modifications de leurs corps tandis que la solitude
leur pèse. À chaque instant, ils ont envie de tout et de rien. Leur
besoin d’affection n’en est pas moins immense. Pauline Bureau
crée un magnifique poème visuel où les décors vidéo invitent le
spectateur à partager ces existences en suspens entre le rêve
et le poids du quotidien. Elle nous fait ressentir avec finesse les
mondes intérieurs de ces deux pré-adolescents, leurs envies, leurs
impasses. Avec beaucoup d’humour, Dormir cent ans emporte par
sa puissance scénique et nous fait basculer dans un univers où se
croisent dialogues pleins d’esprit et situations rocambolesques.

QUI A TUE MON PERE
Stanislas Nordey
Édouard Louis
LIEU : LES ATELIERS - PRESQU'ILE 30 mars au 1er avril
Sans point d’interrogation, Qui a tué mon père du romancier
Édouard Louis raconte dans une ville du Nord l’histoire d’un père
issu d’une classe sociale ignorée des politiques. Metteur en scène
et interprète éblouissant de ce monologue, Stanislas Nordey
donne corps aux oubliés.
Seul sur scène, Stanislas Nordey porte la parole d’Édouard
Louis. L’auteur de Pour En finir avec Eddy Bellegueule raconte ses
retrouvailles avec son père. Un homme brisé par la vie, épuisé
physiquement, dans lequel le romancier reconnaît le mépris des
politiques et une solitude d’une violence extrême. Entouré de
trois hauts murs, le vide d’une existence est mis à jour avec un
père représenté par plusieurs mannequins de cire, qui incarnent
par leur immobilité, le mutisme et la résignation d’un individu. De
la description d’un milieu précaire à la critique d’une domination
politique, l’écriture d’Édouard Louis, nourrie de sociologie, trouve
dans l’incarnation de Stanislas Nordey le poids d’une parole face
à un père votant Front national par impuissance et dont la colère
aurait pu le ranger du côté des gilets jaunes, lui qui fait partie
des « invisibles ». En entrant dans le vif de cette chair blessée,
les deux artistes nous font ressentir avec une émouvante acuité
la mise à l’écart d’un citoyen par le système. À la fois crue et
pudique, Qui a tué mon père réveille en nous la nécessité d’une
pensée politique engagée, sinon d’une révolte.

QUITTER LA TERRE
Joël Maillard - SNAUT
LIEU : LES ATELIERS - PRESQU'ILE 27 au 29 avril
Si l’homme est incapable de prendre soin de la planète, comment
partir dans l’espace pour créer une nouvelle civilisation ? Par
chance, Joël et Joëlle ont découvert un dispositif savamment
élaboré afin de sauver l’humanité. Quitter la Terre ou comment
rire de notre gravité avec une « science-fiction du dimanche »
Après Imposture posthume, présenté la saison dernière sur la
scène des Ateliers, dans lequel il racontait sa vie augmentée par
l’intelligence artificielle dans un quotidien peuplé de robots, Joël
Maillard revient avec son humour pince sans-rire pour interroger
notre futur. Sa collègue Joëlle est ravie de ce moment de partage
grâce à... un carton d’une provenance inconnue. L’objet est
rempli de documents d’une importance capitale dont les deux
comparses nous proposent de prendre connaissance lors d’un
colloque dont le thème est à leurs yeux une « excellente idée » :
le dilettantisme. Leur conférence, nullement guindée quoique
constamment maladroite, devient le déballage de ce contenu
mystérieux. Face à la surpopulation et l’irresponsabilité des
humains à réguler leurs écosystèmes, ce vaste projet anonyme
suppose la sélection de quelques-uns d’entre nous. Direction
le cosmos. À condition, est-il précisé, que ce voyage extraathmosphérique
s’accompagne pour les « stationautes » retenus,
de la rédaction de journaux intimes, d’écoute de musique calme
et d’une nécessaire reproduction. Avec Quitter la Terre, Joël
et Joëlle font divaguer le plateau en nous transportant avec
machines et projections vidéo vers l’infini - jusqu’à un vaste rire
stellaire !

TERAIROFEU
Marguerite Bordat et Pierre Meunier
La Belle Meunière
CRÉATION 2021
LIEU : TNG - VAISE 4 au 8 mai
La terre, l’air, l’eau et le feu. Les voici réunis au coeur du nouveau
spectacle de Marguerite Bordat et Pierre Meunier, accueillis
pour La Vase en 2018. Sur scène, un fatras de matières et de
formes colorées évoque une vraie décharge. Deux adeptes de la
débrouille, fille et garçon, y vivent privés des quatre éléments.
Et si on inventait ?
Dans un dispositif bi-frontal, Marguerite Bordat et Pierre
Meunier, grands inventeurs de formes avec peu, nous emportent
encore dans un monde de créativités et d’incongruïtés, en
s’inspirant des écrits du philosophe Gaston Bachelard. Bouts
de plastiques et morceaux de ferraille, moteurs électriques et
cartons en pagaille : dans leur quotidien de toutes les couleurs
au bout du monde, deux enfants font sans cesse preuve
d’imagination. Les quatre éléments nécessaires à tant d’activités
ne sont pas disponibles ? Qu’importe ! Ces deux-là ne sont pas
à court d’astuces pour les faire surgir. Inventifs, quand ne leur
revient pas de très loin quelque connaissance, nos solitaires
s’activent et trouvent des solutions : mille et un dispositifs
naissent de leurs mains, non sans complicité ou rivalité l’un
envers l’autre tant ils aiment s’épater. Ils ne cèdent jamais à la
monotonie et convoquent leur imagination pour une tempête
avec une bâche en plastique ou un moulin avec des débris. En
célébrant la connaissance avec des bouts de ficelles, Terairofeu
conjugue voir et savoir, bricoler et rêver.

FABLES ANIMALIERES
L'AGNEAU A MENTI

T(E)R:::R/IE:::R
Emilie Flacher - Cie ARNICA
CRÉATION 2018 > 2020
LIEU : TNG - VAISE 25 au 30 mai
La parole est aux animaux ! Également aux minéraux et aux
plantes… Avec deux fables avec marionnettes destinées aux
enfants, la Cie Arnica change notre regard sur les moeurs d’une
faune souvent à deux pas de chez nous. Éveillez-vous au sein
d’une Nature où tout peut se mettre à parler !
Si La Fontaine était de retour, il découvrirait avec les deux Fables
animalières d’Émilie Flacher combien notre rapport aux animaux
s’est modifié ! Indépendantes l’une de l’autre, ces deux histoires
interrogent dans un esprit philosophique généreux notre
perception de l’environnement et de la vie animale à l’aune des
changements climatiques et des migrations d’espèces. L’Agneau a
menti d’Anaïs Vaugelade et Terrier de Gwendoline Soublin invitent
ainsi à entrer dans « l’inexploré », dans des espaces où cohabitent
le végétal, l’animal et le minéral. À partir d’une collaboration avec
des auteures contemporaines en liaison avec des classes, Émilie
Flacher invente des écosystèmes singuliers où, par le pouvoir des
marionnettes, le vivant revêt mille et un visages. Ces spectacles
conçus avec des castelets permettent aux enfants de se glisser
dans l’intimité de ces existences naturelles et d’en approcher
ainsi les secrètes péripéties. Découvrez dans L’Agneau a menti la
question de l'hospitalité et l'entraide entre espèces inspirées par
l’histoire réelle d'une vache échappée d'un camion en route pour
l'abattoir, et dans Terrier comment des animaux d’une forêt des
Monts du Lyonnais confinés dans le même terrier doivent faire
preuve de diplomatie.

Pratique

Théâtre Nouvelle Génération - CDN
23 rue de Bourgogne
69009 Lyon

Information : 
04 72 53 15 15 


Information : 
01 41 14 65 50


Site internet :


tng-lyon.fr