THEATRE DE LA TEMPETE

Rencontre avec le directeur Clément Poirée


À l’abordage !
Emmanuelle Bayamack-Tam d’après Le Triomphe de l’amour
de Marivaux / Clément Poirée Théâtre de la Tempête
11 septembre > 18 octobre 
“L’amour existe.” C’est sur ces mots, cette promesse d’éden, que s’achève Arcadie, le roman d’Emmanuelle Bayamack-Tam, autrice à qui Clément Poirée a commandé la réécriture du Triomphe de l’amour de Marivaux y décelant comme une figure inversée d’Arcadie. D’un côté, l’amour libre à Liberty House, de l’autre l’abstinence moralisatrice. Quel dialogue possible entre ces deux utopies ? Quelle voie choisir pour ces personnages porteurs de désir, qu’ils le clament ou qu’ils le cèlent au plus profond d’eux-mêmes ? L’effraction de Sasha dans ce monde fermé ne fait que le révéler davantage. Elle séduit tout le monde sans exception, comme le héros de Théorème de Pasolini. L’usage du faux emporte tout, l’amour devient une véritable arme de combat…

Philip K. ou la fille aux cheveux noirs
d’après Philip K. Dick
texte et mise en scène Julien Villa 
16 septembre > 1er octobre
Nous sommes à Berkeley, le 7 novembre 1972. Richard Nixon brigue un second mandat. Philip K. tente en vain de réécrire son roman mystérieusement dérobé dans son appartement un an plus tôt Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? Tel un chevalier errant ou désespérant, il va d’aventure en aventure, à la poursuite de ses obsessions, sans jamais quitter son appartement. Écrit au plateau à partir d’un recueil de poèmes et de contes, Philip K. ou la Fille aux cheveux noirs est un spectacle hanté par les visions paranoïaques de l’écrivain de science-fiction Philip K. Dick : "Un tas de gens prétendent se rappeler des vies antérieures ; je prétends, moi, me rappeler une autre vie présente."  Vivons-nous vraiment ce que nous croyons vivre ? Quel réel cache le réel ? Comment différencier un homme d’un androïde ? Chez le personnage qui porte en lui Philip K. Dick, Philip K.afka, Philip K.ichotte, l’art du doute est à son paroxysme. Les hypothèses se multiplient…

Les Pièces manquantes (puzzle théâtral)
création collective / Adrien Béal Compagnie Théâtre Déplié
17 septembre > 18 octobre
Depuis une dizaine d’années, la compagnie Théâtre Déplié creuse son sillon dans les interstices de nos existences. Après Le Pas de Bême, Adrien Béal et sa bande reviennent à La Tempête avec tout un arsenal de microfictions et de vraies fausses légendes urbaines. Les cartes seront remises en jeu à chaque représentation. Un puzzle infini, jamais bouclé. Avec la participation, certains soirs, d’une fanfare d’adolescent.es, les acteurs se lanceront dans un véritable marathon d’écriture : l’expérience du jeu et du vertige. Ici, il est question de la disparition énigmatique d’une bande d’adolescents, la rumeur gronde de la prise de pouvoir de la jeunesse, là c’est une prof de solfège et son jeune élève qui tombent amoureux, ici enfin, une mère élève seule ses huit enfants… Des êtres qui se cherchent, qui se frottent parfois. Comme dans un feuilleton, le mot de la fin échappe, le doute l’emporte…

Alabama Song
Gilles Leroy / Guillaume Barbot
Compagnie Coup de Poker 
30 octobre > 22 novembre 
Zelda Fitzgerald, Zelda from Alabama. Un nom qui claque, des syllabes qui swinguent. Une prémonition peut-être. Trop souvent éclipsée par son illustre mari, empêchée d’écrire, censurée, Zelda la romancière, les phrases, elle sait les tourner. Son destin tragique a inspiré Gilles Leroy et aujourd’hui Guillaume Barbot qui l’adapte pour la scène, en un biopic haletant. Deuxième portrait de femme après Anguille sous roche, Alabama Song nous entraîne dans le sillage de la femme sacrifiée, de l’écrivaine pillée par son “créateur”, l’histoire d’une vie volée…

À la vie !
Élise Chatauret, Thomas Pondevie  / Compagnie Babel 
12 novembre > 13 décembre
Disons-le sans ambages, dans À la vie !, il sera question de mort. N’est-ce pas le point commun qui réunit toute l’humanité, le rapport à la fin ? Le plateau de théâtre pour conjurer le sort, affronter ses démons pour mieux goûter la vie. Lehaïm ! La même équipe que pour Saint-Félix traversera ce nouvel opus construit en trois temps, trois lieux : le théâtre, l’hôpital et un centre d’éthique clinique. Jouer à mourir ou visiter la grande galerie des morts illustres sur scène, quoi de plus jouissif ? Et si l’on poussait l’enquête à l’hôpital pour être au plus près de ceux qui sont “near death”* ? La mort est-elle une affaire de décision personnelle ? Qui choisit le moment du grand saut ? Que signifie “c’est fini” ? Toutes ces questions qui nous dépassent sont rebattues chaque jour dans les couloirs des soins intensifs par les médecins, les familles et les patients…

Élémentaire
Sébastien Bravard / Clément Poirée Théâtre de la Tempête
1er > 13 décembre
Seul en scène, Sébastien raconte son histoire : celle d’un grand saut dans le vide, un basculement. Donner du sens. Alors qu’il est comédien, il vient de prendre en charge une classe de 27 élèves. Par quoi commencer ? Comment s’y prendre, le premier jour du premier cours ? Au fait, c’est quoi l’autorité ? Élémentaire raconte un passage entre deux mondes : la scène et la salle de classe. Il y a une force qui se dégage de ce moment d’invention et de doute qu’est la naissance d’une vocation…

Hamlet
Shakespeare / Gérard Watkins Perdita Ensemble 
14 janvier > 14 février
Jamais trop de Shakespeare pour secouer nos âmes. Pour cette nouvelle création de Gérard Watkins à La Tempête, c’est à un rendez-vous magnétique avec le fils du roi du Danemark qu’il faut se préparer, d’une autre époque, sans doute un peu sixties. Tout est-il définitivement pourri dans le royaume ? Les fantômes des pères n’en finissent pas de se promener, le spectre de révéler la maladie. La conscience ne fait-elle pas de nous des lâches, irrésolus ? Dans une toute nouvelle traduction, il sera question, entre autres, de dénoncer le patriarcat, la violence des pères, leur amour enfermant. Faire endosser le rôle du prince à une femme, c’est renouer avec une tradition qui n’est pas innocente. C’est la comédienne Anne Alvaro qui incarnera “cet esprit chancelant au bord du gouffre”, selon la formule de Bonnefoy, les multiples formes de la folie…

Face à la mère
Jean-René Lemoine / Alexandra Tobelaim Nest–CDN de Thionville-Grand Est 
15 janvier > 14 février
Face à la mère est un chant d’amour, un poème d’adieu d’un fils à sa mère. Le fils, c’est l’auteur Jean-René Lemoine. Sa mère a disparu tragiquement trois ans plus tôt en Haïti. C’est son enfance en Afrique, son adolescence en Belgique, toute son histoire qui est ici transposée, sa voix éclatée en un chœur d’hommes. Avec la complicité du musicien Olivier Mellano, Alexandra Tobelaim confie ce grand poème à trois comédiens et trois musiciens mêlés au plateau, comme six cœurs de fils battant chacun pour la Mère. Quel rituel inventer pour un deuil non accompli ?

Roman(s) national
Julie Bertin, Jade Herbulot Le Birgit Ensemble
26 février > 28 mars 
Nous sommes en France dans un futur proche. Le président de la République vient de décéder subitement. Des élections anticipées sont organisées à la hâte. Son héritier, le candidat du parti Horizon, affûte ses armes en vue du second tour mais, à quelques jours de l’élection, l’arène est soudainement peuplée de fantômes jaillissant du passé, de notre histoire passée. Avec cette nouvelle création, c’est à une fable politique d’anticipation que nous sommes conviés. Après avoir exploré l’Europe, Le Birgit Ensemble s’intéresse aujourd’hui à nos institutions…

On ne paie pas ! On ne paie pas !
Dario Fo, Franca Rame / Bernard Levy Compagnie Lire aux éclats 
4 mars > 3 avril 
Un titre slogan. Des femmes affamées et en colère devant la flambée des prix. Antonia, elle, refuse même de passer à la caisse du supermarché. Elle rafle tout ce qui passe, du millet pour canaris à la pâtée pour chiens. Mais où cacher le butin ? La course poursuite s’engage alors avec les gendarmes. D’abord écrite en 1974, sur fond de luttes ouvrières à Milan, cette satire politique a été réécrite en 2008 au moment de la crise des subprimes. À travers cette farce sociale, Dario Fo et Franca Rame se font les porte-parole des plus modestes en véritables “jongleurs du peuple”. Comment agir, individuellement ou collectivement ? 

La Chanson de Roland
Jean Lambert-wild, Lorenzo Malaguerra & Marc Goldberg /Théâtre de l’Union–CDN du Limousin 
13 > 23 avril 
Tout comme Ulysse ou Achille, Roland est une figure absolue du héros. Ses exploits sont chantés dans un immense poème épique dont il est grand temps de raviver l’esprit et la fougue originels. Trop souvent remisée sur les étagères des bibliothèques médiévales, claquemurée dans les manuels scolaires, La Chanson de Roland, c’est le tube du XIe siècle : le récit trépidant du combat fatal du chevalier Roland et de ses fidèles preux à la bataille de Roncevaux. Dans une version contemporaine, qui ne s’interdira pas de divaguer ni d’improviser, qui mieux qu’un clown blanc tel que le Gramblanc de Jean Lambert-wild pour renouer avec cette liberté, cette impertinence, cet humour et cette folie propres à l’esprit des jongleurs ? Dans ce spectacle teinté de cirque, il sera Turold, gueule cassée, écuyer poète de Roland…

SStockholm
Solenn Denis / Le Denisyak & Faustine Tournan
14 > 24 avril 
C’est un fait divers survenu dans les années 2000 qui a guidé Solenn Denis dans les méandres de cette exploration du syndrome de Stockholm – cette relation affective, fascinante, qui se tisse parfois entre un bourreau ou un geôlier et sa victime, un comportement paradoxal et bien souvent incompréhensible pour ceux qui ne l’ont jamais vécu. S’inspirant de l’histoire de la séquestration de Natascha Kampusch, SStockholm traite d’enfermement quel qu’il soit. Pas physique seulement, psychique aussi. Cette vertigineuse réflexion sur la “banalité du mal” et sur son ambiguïté trouble les frontières, déjoue tout manichéisme et toute morale, exigeant des acteurs du Denisyak une performance d’équilibriste pour donner à sentir l’insoutenable sans sombrer dans l’outrance…

Le Nid de cendres
Simon Falguières Le K 
4 > 23 mai 
Le Nid de cendres est une tétralogie. Elle est présentée en intégrale le week-end ou en 4 pièces autonomes les soirs de semaine.
CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS
• mardi à 20h : Le Chant des Abandonnés (2h20)
• mercredi à 20h : Le Chant de l'Endormie (1h45)
• jeudi à 20h : Le Chant des cendres (2h15)
• vendredi à 20h : Le Chant traversé (2h10)
• samedi et dimanche à 14h : Le Nid de cendres (6h avec entracte)
Et si le monde était coupé en deux, comme les deux moitiés d’une pomme ? D’un côté l’occident qui se consume dans le vacarme et la fureur meurtrière, de l’autre un royaume de contes, lieu du merveilleux. La réunion magique de ces deux hémisphères est-elle possible ? 

Daddy Papillon, la folie de l’exil
Naéma Boudoumi Cie Ginko 
5 > 23 mai
Monsieur B aimerait bien vivre une vie de pomme simple et sucrée. Une vision du paradis perdu, d’un chez soi accueillant. Qui est ce Monsieur B ? Un vieil arabe aux lunettes de soleil jaunes qui marche pieds nus dans la neige et qui ne se sent chez lui, ni ici, ni là-bas. Monsieur B se souvient juste d’avoir été enfant et du goût des figues. Dans un autre pays plus tard, devenu ouvrier dans le bâtiment, il est tombé du toit. Une chute dont il est sorti malade, fêlé. Avec Daddy Papillon, la folie de l’exil, Naéma Boudoumi dessine le portrait intime et poignant d’un immigré qui ne comprend pas bien ce qui lui arrive… 

Où les coeurs s’éprennent / L’Arbre, le maire et la médiathèque
d’après Éric Rohmer / Thomas Quillardet
1er > 20 juin 
• Où les cœurs s’éprennent d’après les scénarios des Nuits de la pleine lune et du Rayon vert d’Eric Rohmer
du mardi au samedi à 20h30 et dimanche à 16h30, salle Serreau (2h)
• L’Arbre, le maire et la médiathèque d’après le scénario éponyme d’Eric Rohmer
vendredi et samedi à 18h45 et dimanche à 14h45, en extérieur (45 min)
Un vers de Rimbaud “Où les cœurs s’éprennent” donne son titre au premier diptyque réuni par Thomas Quillardet Le Rayon vert et Les Nuits de la pleine lune. Au centre, deux figures féminines, Louise et Delphine. L’une réinvente les règles du couple, l’autre s’accroche à son idéal et rêve du grand amour. Chacune, prise au piège de ses contradictions, cherche à repenser la relation à l’autre. Deux univers parallèles en contrepoint. Qu’est-ce qui relie Louise et Delphine au reste de l’humanité ? Toutes ces agitations sont-elles le fruit du hasard ? Pour La Tempête, un autre scénario de Rohmer sera également présenté, L’Arbre, le maire et la médiathèque joué par les mêmes acteurs. Une création hors cadre ! À Saint-Juire, il n’est pas question d’amour mais de politique. La ville contre la campagne ? Dans cette fable écologique visionnaire, c’est la beauté d’un saule centenaire qui déclenche la révolte, la quête de l’idéal toujours en filigrane chez Rohmer, mais aussi l’intuition d’une inquiétude, peut-être celle de notre époque.

Aux poings
Alix Andreani, Bruno Blairet, Julie Duval Compagnie du Flamant noir 
2 > 20 juin
Au départ, il y a deux comédiennes, Julie et Alix qui partagent la même passion pour la boxe thaï. Pour ces poétesses du kick, boxeuse ou comédienne, c’est le même combat. Il faut jouer des coudes, se battre avec la pression, garder un moral d’acier. Comment traduire au plateau tout ce qu’apporte la pratique d’un sport de combat dans la vie quotidienne ? Sur la scène devenue ring, les rituels du shadow et ram muay vont bientôt commencer. Aux côtés de l’arbitre, on assiste à l’entrainement de ces pratiquantes de muay thaï. Derrière cet affrontement singulier, ce sont les combats d’autres femmes qui se racontent…

Pratique


THEATRE DE LA TEMPETE
Route du Champ de Manoeuvre
75012 Paris

Information : 
 01 43 28 36 36 

Site internet :

la-tempete.fr

Clément Poiréew