LA COLLINE

Les Insoumises
d'après Lydia Tchoukovskaïa, Virginia Woolf, Monique Wittig
un projet en trois temps d’Isabelle Lafon

“Mais nous sommes des insoumises, n’est-ce pas ?” C’est depuis cette phrase issue des Notes sur Anna Akhmatova qu’Isabelle Lafon envisage son cycle de trois pièces. Dans un dispositif simple, original et audacieux, la metteure en scène adapte des textes littéraires de Lydia Tchoukovskaïa, Virginia Woolf et Monique Wittig. Avec Les Insoumises, elle fait résonner, par le biais de l’enfance, de la politique, de la création ou de l’intime, ces trajectoires de femmes libres et actrices de leur destin.
20 septembre-20 octobre 2016 
Petit Théâtre

Seuls
texte, mise en scène Wajdi Mouawad
Harwan, étudiant montréalais, est sur le point de s’envoler vers Saint-Pétersbourg à la rencontre du metteur en scène Robert Lepage, sujet de sa thèse, quand il apprend que son père est plongé dans le coma. Une succession d’événements le mène à se confronter à lui-même à travers le chef-d’œuvre de Rembrandt, Le Retour du fils prodigue. Wajdi Mouawad ouvre avec Seuls un cycle de création nommé Domestique où il explore un autre mode de travail, retourne le sol de l’intime et trace une cartographie familiale décrite par cinq personnages. Après Seuls, figure du fils, vient le solo Soeurs actuellement en tournée. Frères, Père et Mère seront au fil des saisons créés et présentés à La Colline.
23 septembre-9 octobre 2016 
Grand Théâtre

Angelus Novus
AntiFaust
mise en scène Sylvain Creuzevault
Faust, né d’une organisation féodale de la société, est un être porteur d’un savoir encyclopédique : théologie, philosophie, droit, médecine, botanique, ... Mais que devient le mythe de Faust dans une société productrice de marchandises, à la division sociale du travail si raffinée ? La valeur marchande fait du savoir un pouvoir, et une solitude ; c’est la marchandise n°1, loin devant les armes à feu. Peut-on dès lors découvrir un territoire, construire un lieu, une commune, où l’usage d’un savoir ne s’achève ni en amertume ni en corruption ? Sylvain Creuzevault et son équipe écrivent une pièce qui veut répondre oui quand tout démontre que non.
2 novembre-4 décembre 2016 
Grand Théâtre

Disgrâce
d'après le roman de John Maxwell Coetzee
mise en scène Jean-Pierre Baro
Dans l’Afrique du Sud post-apartheid, David Lurie, universitaire blanc, afrikaner, est un homme en perdition dans un pays qu’il ne comprend plus – à commencer par sa propre fille. Comment vivre quand les blessures du passé pèsent si lourd sur l’histoire collective et individuelle ? Ce sont nos angoisses et nos peurs face à l’état de disgrâce de la civilisation occidentale qu’ausculte Coetzee avec une ironie brûlante. Jean-Pierre Baro veut faire résonner ces questions en adaptant pour le théâtre ce roman majeur de la fin du XXe siècle.
3 novembre-3 décembre 2016 
Petit Théâtre

Timon/Titus
d’après William Shakespeare
par le Collectif OS’O
Timon/Titus, lauréat des prix du Jury et du public du Festival Impatience 2015, réunit le collectif OS’O, issu de la première promotion de l’École Supérieure de Théâtre de Bordeaux Aquitaine et le jeune metteur en scène David Czesienski. “Doit-on payer ses dettes?” Telle est la question à partir de laquelle s’est inventée cette écriture de plateau. L’occasion de convoquer les pièces de Shakespeare, les travaux de l’anthropologue David Graeber et de les mêler au quotidien pour un spectacle joyeux, farcesque et cruel.
10-26 novembre 2016 
Centquatre-Paris

Place des Héros
de Thomas Bernhard
mise en scène, décor et lumières Krystian Lupa

1938, Place des Héros à Vienne, Hitler est acclamé par la foule lors du discours proclamant l’Anschluss. Cinquante ans plus tard, le professeur Schuster se suicide au même endroit alors qu’il s’apprêtait à quitter définitivement Vienne pour Oxford, ville où sa famille s’est réfugiée pendant la guerre. Son regard horrifié hantera chacun des personnages. Leur terreur face aux spectres qui détruisent le présent témoigne de l’impossibilité à affronter le nouveau visage de l’Autriche. Krystian Lupa a créé cette œuvre testamentaire de Thomas Bernhard au Théâtre national de Lituanie.
9-15 décembre 2016 
Grand Théâtre

Gulliver
d’après "Les Voyages de Gulliver" de Jonathan Swift
un spectacle de  Karim Bel Kacem

À son retour de voyage, Gulliver raconte aux siens les aventures merveilleuses qu’il a traversées. En faisant surgir sous nos yeux le monde des Lilliputiens, il longe la frontière ténue entre mensonge et folie. Mais mentir, n’est-ce pas déjà rêver et rêver un peu mentir ? Cette expérience artistique invite le spectateur, casque aux oreilles, à observer à travers des lucarnes une chambre dans laquelle évoluent acteurs et figurines. Les récits et leurs gestes bouleversent les notions du grand et du petit.
13 -30 décembre 2016 
Petit Théâtre

Chunky Charcoal
de Sébastien Barrier, Benoît Bonnemaison-Fitte, Nicolas Lafourest

Devant une immense feuille blanche, Sébastien Barrier accompagné du dessinateur Benoît Bonnemaison-Fitte et du musicien Nicolas Lafourest, nous invitent à un voyage dans la pensée, au fil de sa construction, parfois chaotique, souvent joyeuse. L’énergique trio met en mots, en musique et en images un récit de la perte et de la fugacité. Les jeux graphiques répondent aux riffs de guitare, la verve poétique de Sébastien Barrier donnant le rythme à cette performance où se côtoient humour et désespoir. Après l’enivrant Savoir enfin qui nous buvons, Chunky Charcoal s'offre comme une odyssée “où il est question de se perdre, pour parfois se retrouver”.
5-28 janvier 2017 
Petit Théâtre

Le Temps et la Chambre
de Botho Strauss
mise en scène Alain Françon

Avec Le Temps et la Chambre, Alain Françon confronte son art à une pièce vertige. “La chambre”, est-elle ce lieu, heureux et malheureux, aléatoire, où des êtres se croisent, se manquent, se séparent ou un espace mental dominé par la présence d’une colonne mystérieuse ? “Le temps”, est-il celui de l’histoire en bribes de Marie Steuber, de sa quête incessante ou celui, suspendu, de la conscience ? Si Botho Strauss fait vaciller la réalité, c’est peut-être pour dévoiler l’endroit, entre réel et fantasme, où l’on se rencontre vraiment.
6 janvier-3 février 2017 
Grand Théâtre

Antoine m’a vendu son destin
Sony chez les chiens de Sony Labou Tansi, Dieudonné Niangouna
mise en scène Dieudonné Niangouna

Afin de déjouer un complot et démasquer les conspirateurs, le redoutable tyran Antoine met en scène avec ses généraux un faux coup d’État. Mais rien ne se passe comme prévu et Antoine attend en vain qu’on vienne le libérer de la prison dans laquelle il s’est fait enfermer. Dans le huis clos de cet univers carcéral, il redeviendra un homme parmi les hommes. Antoine a changé de combat : ses armes ne seront plus jamais les mêmes. Programmée au festival Mantsina sur scène de Brazzaville en 2015, la lecture de cette tragédie loufoque a été interdite. Cette création témoigne du profond engagement de Dieudonné Niangouna et de son admiration pour le grand auteur congolais Sony Labou Tansi.
21 février-18 mars 2017 
Petit Théâtre

MayDay
de Dorothée Zumstein
mise en scène Julie Duclos

MayDay s’inspire d’un fait divers : en 1968, Mary Bell, âgée de 11 ans, fut condamnée à la prison à vie pour avoir tué deux enfants. Des années plus tard, elle accepte de revenir sur son passé auprès d’une journaliste. Ce processus est au cœur de la pièce de Dorothée Zumstein. Par le biais d’une interview, MayDay évoque le procès de Mary et assigne trois générations de femmes à comparaître : Mary à 10 ans, sa mère et la mère de sa mère. Julie Duclos poursuivra son travail sur le jeu d’acteur, entre documentaire et fiction, pour dresser les portraits de ces femmes et mettre à jour ce dont un être est fait sans le savoir.
23 février-17 mars 2017 
Grand Théâtre

Moi, Corinne Dadat
un spectacle de Mohamed El Khatib

Né de la rencontre de l’auteur Mohamed El Khatib et de Corinne Dadat, femme de ménage, ce poème scénique embrasse fiction et documentaire. Moi, Corinne Dadat est le portrait d’une femme “invisible” dont l’expérience, si elle n’est pas représentative des réalités du “lumpenprolétariat”, est tout de même significative. À deux corps et deux voix, la danseuse Élodie Guezou et Corinne Dadat livrent des instantanés de vie, témoignent de la langue et des corps que l’on maltraite, du monde ouvrier au travail mais aussi de la famille et de la sphère domestique. Une histoire intime de la classe populaire.
22 mars-1er avril 2017 
Petit Théâtre

Les Larmes d’Œdipe
d'après Sophocle
texte et mise en scène Wajdi Mouawad

Au crépuscule de sa vie, Œdipe accompagné de sa fille Antigone retourne à Athènes. Sa rencontre avec un Coryphée dans un théâtre antique lui apprend que la Cité est en colère : au cœur de la crise financière, elle pleure l’assassinat par la police d’un jeune garçon pendant une manifestation. Cet oratorio poétique à trois voix fait résonner les mythes fondateurs et le monde d’aujourd’hui avec le théâtre de Sophocle, dont Wajdi Mouawad conclut ici le cycle qu’il a consacré à ses sept tragédies.
23 mars-2 avril 2017 
Grand Théâtre

Lourdes
texte et mise en scène Paul Toucang

En respect des dernières volontés de son chef spirituel, une communauté sectaire de jeunes adultes décide de se rendre en pèlerinage à Lourdes. Ville des visions et des guérisons, Lourdes est aussi le lieu où, en l’attente de la révélation, chacun peut y apprivoiser la mort. Le voyage présenté en temps réel se transforme peu à peu en épopée psychédélique au cours de laquelle les paroles se libèrent. Les personnages nous entraîneront dans leur univers singulier, en quête de leurs origines et dans une soif absolue de sens et de poésie. Lourdes, ville utopique du Mystère, est au commencement d’une écriture.
19 avril-13 mai 2017 
Petit Théâtre

Baal
de Bertolt Brecht
mise en scène Christine Letailleur

Christine Letailleur revient à La Colline avec Baal, première pièce de Bertolt Brecht. Le texte, choisi dans sa version originelle (1919) et traduit par Éloi Recoing, éclaire, avec lyrisme et fracas, la question d’une jeunesse traumatisée par la guerre, rebelle et déterminée. Stanislas Nordey, avec qui la metteure en scène poursuit son compagnonnage (Pasteur Ephraïm Magnus, La Philosophie dans le boudoir, Hinkemann), revêtira le costume du poète maudit, assoiffé de toutes les ivresses, héros de tous les temps.
20 avril-20 mai 2017 
Grand Théâtre

Le froid augmente avec la clarté
à partir de "L’Origine" et "La Cave" de  Thomas Bernhard
un projet de Claude Duparfait

Après Des arbres à abattre, créé en collaboration avec Célie Pauthe à La Colline en 2012, Claude Duparfait revient à Thomas Bernhard, en mettant en scène les deux premiers volets de son autobiographie – romans d’initiation dans une Autriche défigurée par le nazisme. Les déflagrations intimes de ces récits à vif seront interprétées par cinq acteurs et actrices – tous traversés par la pulsation de l’écriture et par la musique, dont la présence dans le spectacle fera écho à celle, salvatrice, qu’elle a eue dans la vie de Bernhard.
19 mai-18 juin 2017 
Petit Théâtre

Betroffenheit
écrit par Jonathon Young

chorégraphie et direction Crystal Pite – compagnie Kidd Pivot & Electric Company Theatre
Betroffenheit, mot allemand sans équivalent français, désigne l’état de choc qui submerge l’individu après la catastrophe : que se passe-t-il chez celui qui vient de vivre une tragédie ? C’est autour de cette thématique que collaborent Crystal Pite, chorégraphe, danseuse et directrice de Kidd Pivot et Jonathon Young, comédien, auteur et metteur en scène co-fondateur de l’Electric Company Theatre. Ce spectacle hybride, entre théâtre et danse, permet aux deux grands artistes de la scène canadienne de proposer un regard, tantôt grotesque tantôt macabre, sur ce temps d’après le désastre.
29 mai-2 juin 2017 
Grand Théâtre

Jan Karski
(Mon nom est une fiction)
d’après le roman de Yannick Haenel
mise en scène Arthur Nauzyciel

Poème dramatique adapté du roman de Yannick Haenel, Jan Karski (Mon nom est une fiction) est un triptyque (documentaire, biographie puis fiction) consacré à la vie du résistant polonais entré dans le ghetto de Varsovie en 1942, qui chercha en vain à alerter les Alliés du sort des Juifs d’Europe. Un spectacle porté par la vidéo de l’artiste polonais Miroslaw Balka, la voix de Marthe Keller et l’interprétation sur le fil de Laurent Poitrenaux. “Personne ne témoigne pour le témoin”, cette phrase de Paul Celan a longtemps habité Arthur Nauzyciel qui fait ici du théâtre un lieu de résistance à l’oubli et un espace de réparation.



Pratique


La Colline
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75020 Paris
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