CDN BESANÇON FRANCHE-COMTÉ

LOOKING FOR ORESTEIA
FOCUS IRAK #1
DU 20 AU 22 SEPTEMBRE 2018
D'APRÈS L'ORESTIE D'ESCHYLE / MISE EN SCÈNE HAYTHEM ABDERRAZAK ET CÉLIE PAUTHE
Durée: estimée 2h15
Après cinq ans d’expérimentations communes entre la France et l’Irak, la troupe de Looking for Oresteia ouvre son chantier aux spectateurs bisontins. Quête autour de la trilogie d’Eschyle, cette aventure rassemble deux metteurs en scène, deux pays, une double équipe artistique de comédiens et de musiciens. La première pièce de la trilogie, Agamemnon, est mise en scène par Haythem Abderrazak, Célie Pauthe monte Les Choéphores, et tous deux dirigent à quatre mains Les Euménides. Le cycle tragique des Atrides suit une malédiction familiale et divine où le sang appelle le sang. Pour y mettre fin, la déesse Athéna organise le premier tribunal démocratique. Comment aborder ce passage entre un monde ancien et l’édification d’une société nouvelle ? Comment rouvrir cette histoire depuis nos vieilles démocraties occidentales si difficiles à réinventer ? Comment le faire à l’aune du chaos irakien produit en partie par ces mêmes démocraties? Haythem Abderrazak et Célie Pauthe mettent en partage leurs univers artistiques pourtant très éloignés, et se livrent à l’aventure périlleuse du décentrement, dont témoigne l’absence d’unification linguistique entre français, arabe classique et morceaux improvisés en dialecte irakien. S’ouvre alors un travail qui ne tend pas à gommer les différences de temporalités et de rapport au monde, mais à les accepter comme horizon d’une expérience radicale de l’altérité.

LA POMME DANS LE NOIR
DU 2 AU 3 OCTOBRE 2018
TEXTE CLARICE LISPECTOR
MISE EN SCÈNE, ADAPTATION, LUMIÈRE MARIE-CHRISTINE SOMA
Durée: 2h40
Un homme, Martin, a commis un meurtre. En fuite dans le désert du Brésil, ses pas le mènent à une ferme isolée dirigée par Victoria, figure d’autorité qui vit là avec sa nièce, la jeune Ermelinda. Entourés par une nature à la fois fascinante et oppressante, les personnages forment une microsociété à l’écart du monde. Héros sans héroïsme d’un western à huis clos, Martin vit une aventure initiatique intérieure où la fuite permet de se trouver soi-même. Le crime qu’il a commis remet en question ce qu’il est à ses propres yeux comme aux yeux des autres. Quelles peurs nous traversent face à la transgression ? Quel espace de liberté peut-elle faire entrevoir ? L’écriture sensible de la romancière Clarice Lispector rencontre le regard pictural de Marie-Christine Soma pour inviter à un voyage introspectif loin des injonctions morales. Expérience sensorielle, La Pomme dans le noir ouvre une voie qui déjoue les assignations sociales entre les fous et les gens raisonnables, entre hommes et femmes, entre discipline et subversion, entre honorabilité et scandale.

TRISTESSE ET JOIE DANS LA VIE DES...
DU 17 AU 23 OCTOBRE 2018
TEXTE TIAGO RODRIGUES
TRADUCTION ET MISE EN SCÈNE THOMAS QUILLARDET
Durée: 1h20
à partir de 10 ans
Girafe est une petite fille de neuf ans, ainsi surnommée parce qu’elle est très grande pour son âge. Depuis le décès de sa mère, elle vit avec son père, artiste au chômage, et partage ses pensées avec son ours en peluche, Judy Garland. «Recordwoman mondiale de l’usage du dictionnaire», Girafe circonscrit son rapport au monde en donnant des définitions précises à tout ce qui l’entoure, tandis que son ours est plutôt champion de gros mots. Elle a besoin d’argent pour finir un exposé sur l’animal qui lui vaut son surnom et part à l’aventure avec Judy dans l’univers des adultes. Traversant une Lisbonne en crise, entre rêve et réalité, elle croise un retraité, une panthère, un banquier, un policier, le Premier ministre et même Anton Tchekhov. Tristesse et joie dans la vie des girafes donne à voir la façon dont une enfant peut ressentir la violence de la crise économique, mais aussi comment chacun grandit en franchissant deuils et obstacles. Pour mettre en scène ce monde tour à tour trop petit et trop grand pour la protagoniste, Thomas Quillardet déploie une inventivité scénique à l’image de l’ingéniosité de Girafe. Dans un décor qui se transforme sous les yeux des spectateurs, la fillette suit un parcours initiatique semé d’embûches, mais qui mène à la joie. Tendresse et dureté se superposent dans un conte philosophique sans morale qui propose, avec humour et malice, des ressources poétiques contre l’austérité.

JE SUIS D'AILLEURS ET D'ICI
DU 13 AU 14 NOVEMBRE 2018
TEXTE ET MISE EN SCÈNE VIOLAINE SCHWARTZ
Durée: 1h30
Ils viennent d’Erevan, de Prizren, de Nouadhibou : d’ailleurs. Ils vivent maintenant à Besançon : ici. Violaine Schwartz a recueilli la parole d’anciens et d’actuels demandeurs d’asile rencontrés par le biais du Collectif de Défense des Droits et Libertés des Étrangers. À partir de leurs témoignages, elle a écrit plusieurs courtes pièces qui donnent à entendre la voix de personnes en exil, à la recherche d’un lieu où reprendre vie. Sur scène se rejouent la violence qui a forcé ces exilés à partir de chez eux, le hasard des chemins parcourus, la dureté et l’arbitraire des lois, l’angoisse des papiers à remplir, l’attente infinie d’une réponse positive en leur faveur, mais aussi les moments de répit, de solidarité, de partage. Après Comment on freine ?, qui tissait des liens entre les tragédies d’ailleurs et la vie d’ici, et Tableaux de Weil, écrit à partir des témoignages d’ouvrières du textile à Besançon, Violaine Schwartz poursuit avec Je suis d’ailleurs et d’ici l’exploration politique de la parole brute et sa transformation poétique en langue de scène. Le théâtre, cet ici qui permet d’accueillir l’ailleurs, devient alors le lieu où peut se dire et se nouer la rencontre avec l’autre. Créé avec grand succès en novembre 2017 avec des étudiants de l’Université de Franche-Comté, le spectacle est repris cette année avec certains d’entre eux, que le CDN accompagnera sur la voie de la professionnalisation.

LE DERNIER JOUR OU J'ETAIS PETITE
DU 27 AU 30 NOVEMBRE 2018
TEXTE MOUNIA RAOUI
MISE EN SCÈNE JEAN-YVES RUF ET MOUNIA RAOUI
Durée: 1h
Mounia Raoui est une amoureuse : seule en scène, elle livre sa grande histoire d’amour avec le théâtre. Forte d'un insatiable désir de raconter, la comédienne-écrivaine évoque ses rêveries enfantines et ses errances d’adulte, ses désespoirs et ses révoltes. Dans une adresse directe, tantôt au public, tantôt à sa plume, elle laisse jaillir ses interrogations sur la vie d’artiste et sur la vie tout court. «Le théâtre, l’amour, dit-elle, c’est du travail.» Avec humour et détermination, elle incarne la difficulté de choisir un travail qui implique souvent le chômage, l’incompréhension des proches, la solitude, le découragement qui guette, mais aussi l’élan qui porte. Comment lutter ? Comment trouver sa place ? Le Dernier Jour où j’étais petite, c’est ce jour perdu dans la mémoire à partir duquel la vie a cessé d’être facile. Dans un compagnonnage avec Arthur Rimbaud, Mounia Raoui utilise la force poétique du verbe pour se tirer de l’enfer, et fait du travail théâtral un levier pour à la fois grandir et retrouver l’enfance.

LES DEMONS
DU 11 AU 14 DÉCEMBRE 2018
TEXTE FÉDOR DOSTOÏEVSKI
ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE SYLVAIN CREUZEVAULT
Durée: 3h avec entracte
Conçu au départ comme un manifeste dénonçant aussi bien le nihilisme révolutionnaire à tendance terroriste que le libéralisme occidental, Les Démons est devenu, au fil de l’écriture de Dostoïevski, une gigantesque fresque plongeant dans les contradictions d’une société russe en voie de décomposition. Aristocrates, bourgeois, serviteurs et ouvriers, conservateurs, libéraux et révolutionnaires, cyniques et exaltés, mystiques et athées cohabitent, débattent et se confrontent à leurs démons. Tous semblent être en équilibre au bord d’un abîme, un trou noir, autour duquel les êtres viennent se fracasser. Alors que ce néant insaisissable est le centre du propos, Sylvain Creuzevault fait de la chair de l’acteur le centre du spectacle. Dans un processus de création collective, sa troupe brillante empoigne la matière romanesque qui se fait théâtre au gré des improvisations des comédiens. Interprétant chacun plusieurs personnages, ils donnent corps aux contradictions intérieures qui rongent les individus comme aux tensions qui déchirent la société. Loin du spectaculaire, la mise en scène interroge la construction de la parole politique moderne et sonde les ténèbres qui peuvent guetter le corps social.

MEAULNES
DU 15 AU 19 JANVIER 2019
D'APRÈS LE ROMAN DE ALAIN FOURNIER
UN SPECTACLE DE NICOLAS LAURENT
Durée: 1h30
UNE CRÉATION DU CDN BESANÇON FRANCHE-COMTÉ
Roman d’aventures, d’amour, d’amitié, mais aussi roman de l’enfance qui s’évapore, Le Grand Meaulnes d’AlainFournier a passionné des générations de lecteurs. Mêlant réalisme et merveilleux, le roman exprime à la fois joie de vivre et mélancolie. Libre adaptation, le spectacle de Nicolas Laurent fait entendre la voix du récit romanesque, donne corps aux personnages principaux, tout en questionnant ouvertement les possibilités mêmes de cette adaptation. Quels échos cette histoire peut-elle éveiller en nous ? Comme dans Les Événements récents, présenté au CDN de Besançon en 2015, Nicolas Laurent travaille sur les frontières entre illusion dramatique et mise en abyme de la situation théâtrale, en jouant sur les ressources esthétiques de la vidéo. Metteur en scène et comédiens passent de la narration à l’incarnation, de l’incarnation à l’interrogation distanciée, et de même que les personnages du roman, ils s’attachent à retrouver, par le théâtre, la fête perdue qui est au cœur du Grand Meaulnes. Sondant les rapports du théâtre au roman, de la réalité à sa représentation, de la fiction littéraire à la fiction sociale ou individuelle, Meaulnes (et nous l’avons été si peu) compose un paysage théâtral sensible et poétique, aussi désespéré qu’espiègle, où le mal de vivre se joue et se déjoue avec humour et ludisme. 

A VIF
DU 12 AU 15 FÉVRIER 2019
TEXTE KERY JAMES
MISE EN SCÈNE JEAN-PIERRE BARO
Durée: 1h15
Le rappeur et poète Kery James met sa plume au service d’un discours engagé qui fait de la parole une arme libertaire. Avec À Vif, il porte au théâtre un questionnement qui parcourt son oeuvre musicale. « L’État est-il le seul responsable de la situation des banlieues ? » Dans le cadre d’un concours d’éloquence de l’école du barreau, deux jeunes avocats s’affrontent sur ce sujet. Interprété par Yannik Landrein, le premier est issu d’une famille aisée et défend la thèse de la culpabilité de l’État. L’autre, venu comme son interprète Kery James des banlieues délaissées, en appelle au contraire à la responsabilité de chaque citoyen. Rencontre inhabituelle entre deux camps qui se connaissent mal, leur joute ludique et tenace interroge les convictions politiques de chacun. Jean-Pierre Baro, qui a présenté au CDN de Besançon Woyzeck, d’après Büchner (2015) et Disgrâce, d’après Coetzee (2016), dirige les comédiens dans une mise en scène qui vise à faire résonner une parole claire et à ouvrir un dialogue avec le public. Les « deux France », qui s’opposent sur scène, peuvent alors être réunies dans la salle, partageant un même élan d’émancipation citoyenne et d’appropriation de la parole politique.

SOPRO
DU 5 AU 8 MARS 2019
DE TIAGO RODRIGUES
TEATRO NACIONAL D. MARIA II
Durée: 1h45
Tiago Rodrigues est parti à la recherche de l’âme cachée de son théâtre et porte en scène celle qu’on ne voit jamais : Cristina Vidal, souffleuse du Théâtre National D. Maria II de Lisbonne. Représentante d’un métier de l’ombre en voie de disparition, la souffleuse insuffle la parole théâtrale. Sopro – qui signifie souffle en portugais –, c’est ce qui existe avant la parole, avant le mouvement, avant le sens, avant la forme, avant l’esthétique. Portant l’humilité passionnée des coulisses, elle est aussi celle qui sait combien les destins de Nina, d’Antiochus, et de tant d’autres fantômes, sont liés de manière inextricable avec les vies des interprètes qui les ont côtoyés. Alors, elle les convoque, les anime, les écoute. Hommage poétique aux artisans du théâtre autant que geste d’amour pour les acteurs, Sopro s’offre comme une réflexion, comme une méditation, sur ce qui resterait de cet art si les théâtres eux-mêmes disparaissaient. Aux attaques
et érosions économiques que connaît la création partout en Europe, Tiago Rodrigues oppose un geste salvateur, une promesse de continuation, un souffle inextinguible.

L'ECOLE DES FEMMES
DU 28 AU 29 MARS 2019
TEXTE MOLIÈRE
MISE EN SCÈNE ET SCÉNOGRAPHIE STÉPHANE BRAUNSCHWEIG
Durée: 2h
Prompt à railler les maris cocus, Arnolphe s’apprête à épouser la jeune Agnès. Il l’a fait élever depuis ses quatre ans dans l’ignorance la plus complète, et compte sur sa sottise pour se prémunir contre les cornes au front. Écho de l’obscurantisme religieux le plus fanatique, la pédagogie prônée par Arnolphe est le reflet d’une peur des femmes à la fois ridicule et terrifiante – qui n’a pas perdu de son actualité. Pour incarner cette phobie, Stéphane Braunschweig dirigera Claude Duparfait, quinze ans après son interprétation de cette autre figure malade qu’est l’Alceste du Misanthrope – présenté à Besançon en 2004. La folie totalitaire d’Arnolphe, l’ignorance extrême de la jeune fille, sa séquestration aux relents d’inceste font
de L’École des femmes la plus troublante des farces de Molière. Alors que la pièce se déroule devant la maison où Agnès est jalousement gardée, la mise en scène proposera d’entrebâiller les volets fermés, et d’entrevoir la promiscuité malsaine qui se joue à l’intérieur, entre l’irréalité du cauchemar et la réalité du fantasme.

LE COURS CLASSIQUE
DU 9 AU 12 AVRIL 2019
TEXTE YVES RAVEY
ADAPTATION JOËL JOUANNEAU ET SANDRINE LANNO
MISE EN SCÈNE SANDRINE LANNO
Durée: 1h30
CRÉATION - UNE COPRODUCTION DU CDN BESANÇON FRANCHE-COMTÉ
Au collège Trinité, des élèves du Cours classique ont fait boire la tasse à M. Pipota, professeur d’anglais venu accompagner le cours de natation. Simple chahut ou tentative d’assassinat ? S’adressant tantôt aux élèves, tantôt à la principale, tantôt à une commission d’enquête, le Censeur des études et le Professeur principal exposent leur point de vue sur l’incident, avec des logiques opposées. L’écriture dense et subtile d’Yves Ravey sculpte, avec humour et cruauté, l’atmosphère asphyxiante d’une institution close sur elle-même, où cohabitent bonté et bêtise, tolérance et caporalisme, indulgence et tyrannie, et où se noue en filigrane la montée d’une pensée totalitaire. Dans la position d’élèves ou de juges, les spectateurs sont partie prenante d’un procès où les rôles sont mouvants. Qui est la victime ? Qui est l'accusé ? Qui est le bourreau ? Le cours de l’investigation, dont l’absurdité n’empêche pas le suspense, questionne la médiocrité de la nature humaine et le talent de ceux qui cherchent à la contraindre. Dans une joute brillante, Le Cours classique sonde les comportements humains dans leur rapport à l’autorité et au pouvoir.

AGLAE
DU 14 AU 24 MAI 2019
TEXTE ET MISE EN SCÈNE JEAN-MICHEL RABEUX
D'APRÈS LES MOTS D'AGLAÉ
Durée: 1h
Aglaé est le faux nom d’une vraie prostituée. Elle a raconté sa vie à Jean-Michel Rabeux, qui, pour la porter en scène, lui a donné le nom de l’une des trois Grâces de l’Antiquité. Soixante ans de ce qu’elle insiste pour appeler « un métier comme les autres » font de sa parole une voix forte, celle d’une femme qui dès douze ans monnayait ses services pour que les garçons ne se croient pas tout permis ; une voix franche, qui ne craint pas les mots crus
pour se raconter, sans pour autant se complaire dans la provocation ; une voix libre, surtout, qui refuse la tutelle des maquereaux et se joue de la législation. Dérangeant les préjugés attachés au sexe, à son commerce, mais aussi à l’âge, Aglaé raconte les ficelles du plus vieux métier du monde en faisant fi des débats de société qui fleurissent à ce sujet. Pour porter cette parole et incarner cette marginalité, la comédienne Claude Degliame, seule en
scène, évolue parmi les spectateurs comme au milieu des clients d’un cabaret. En les frôlant, elle révèle, avec verve et drôlerie, l’expérience hors normes d’une vieille putain et l’humanité d’une grande dame.

LE PROCES
LE 15 DÉCEMBRE 2018
en cours

LE JEU DE L'AMUR ET DU HASARD
LE 8 NOVEMBRE 2018
TEXTE MARIVAUX
MISE EN SCÈNE BENOÎT LAMBERT
Durée: 1h45
À partir de 14 ans
Dorante et Silvia doivent se marier, sans s’être jamais vus. Pour observer son promis, Silvia échange ses vêtements avec sa servante Lisette, sans savoir que Dorante a fait la même chose avec son serviteur Arlequin. Dans une double illusion qui s’annule, les maîtres craignent de s’éprendre d’un inférieur, tandis que les valets vivent le fol espoir d’échapper par un mariage à leur condition subordonnée. Mettant en scène ce jeu cruel, Benoît Lambert confie à une jeune troupe le soin de mener de front lutte des classes et guerre des sexes.

LA CHAUVE-SOURIS
DU 3 AU 5 AVRIL 2019
MISE EN SCÈNE CÉLIE PAUTHE
Durée: 2h30 avec entracte
À partir de 15 ans
Opérette troublante dont la gaieté cache la mélancolie d’un monde en voie d’extinction, La Chauve-souris entraîne jusqu’au vertige dans un tourbillon de quiproquos, de danses, d’alcool et de désirs. La mise en scène de Célie Pauthe s’inspire de la représentation de cette oeuvre, en 1944, dans le camp de concentration de Terezin. Elle se ressaisit de la nécessité vitale, de l’ébriété salvatrice, de la puissance de sublimation qui animent cette musique, et de l’élan de résistance collective qu’elle a pu inspirer.

CARTE BLANCHE A SINAN AL AZZAWI
DU 25 AU 26 JANVIER 2019
Durée: 1h
Sinan Al Azzawi est un comédien reconnu en Irak et un metteur en scène formé par Haythem Abderrazak. Il a réalisé trois mises en scène, et prépare un master sur le post-modernisme dans le théâtre arabe. Il travaille au plus près des réalités sociales et politiques, souvent en collaboration avec des auteurs à qui il passe commande, les textes étant ensuite retravaillés en répétition, à partir du plateau. Sa colère, sa force explosive, sa démesure sont au cœur de sa démarche, dont le langage est une matière vive. Il interroge dans une forme de déséquilibre le déchaînement d’angoisse qui traverse les sociétés arabes et invente par là même un théâtre citoyen engagé.

SEULE ELLE CHANTE
lecture musicale
LE 26 JANVIER 2019
DE AYA MANSOUR
Durée: 1h
Née en 1992, Aya Mansour vit à Bagdad. Diplômée en sciences de l’éducation, elle est poète et journaliste. Seule elle chante, son troisième recueil, a été traduit en français en 2018 aux éditions des Lisières. À la fois surréaliste et politique, la poésie d'Aya Mansour est le témoignage d'une jeune femme qui a grandi dans la guerre. « J'écris depuis l'enfance pour évacuer de ma tête vers le poème les cadavres, les larmes et les paysages de désolation. L'écriture est ma tentative pour sauver les morts, les ressusciter. »

YVES GODOT
DU 24 AU 26 JANVIER 2019
MISE EN SCÈNE ET SCÉNOGRAPHIE ANAS ABDUL SAMAD
Durée: 1h
À Bagdad, les créations du metteur en scène Anas Abdul Samad subliment la violence vécue dans une ville meurtrie par les guerres, par une esthétique sans paroles qui emprunte aux arts visuels, à la pantomime ou à la marionnette. Avec Yes Godot, il revisite la pièce de Beckett en faisant de Bagdad le point de rencontre des personnages. Vladimir, Estragon et Lucky se révoltent contre leur créateur dans une violence chorégraphiée qui met à distance la brutalité du réel tout en soulignant la solitude humaine dans le vacarme du monde. Anas Abdul Samad dirige la compagnie «Impossible Theater Group» à Bagdad. Ses spectacles ont tourné dans différents festivals, au Japon, à Istanbul, aux Pays-Bas et au Maghreb. Il vient de remporter le premier prix «International Festival of Islamic Arts» à Tabriz en Iran. Il n’a encore jamais été présenté en France. Anas Abdul Samad a été soutenu et primé par la Fondation Prince Claus en 2016 pour ses ateliers effectués avec des jeunes de Ramadi, ville reprise en 2016 par les forces irakiennes à l’organisation État Islamique. Son travail rend compte par des gestes et des signaux, dans une sorte d’expérience limite, des peurs et des émotions de son peuple. Il s’impose par sa radicalité comme l’un des artistes majeurs d’Irak.

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