LA COLLINE

L'Homme hors de lui
texte, mise en scène et peintures 
Valère Novarina, avec Dominique Pinon
du 20 Septembre au 15 Octobre 2017 
Petit Théâtre
Un homme entre, écoute les herbes, s’adresse aux rochers et à nos trois cents yeux muets. Il donne des noms nouveaux aux insectes, aux oiseaux. Il se pose cinq questions ; lance en l’air quatre cailloux qui ne retombent point. La parole écrit dans l’air.

Stadium
texte Mohamed El Khatib
conception, réalisation
Mohamed El Khatib et Fred Hocké
du 27 Septembre au 7 Octobre 2017 
Grand Théâtre
Aujourd’hui Mohamed El Khatib organise une rencontre inédite avec les supporteurs du RC Lens dont on dit qu’ils sont le meilleur public de France. Comment alors ne pas confronter le public du théâtre au meilleur public de France ?
Avec Stadium, c’est une partition gestuelle et documentaire composée de récits de vie que nous livre l’auteur metteur en scène, organisant ainsi une cartographie à la fois émouvante et caustique des classes populaires. Au-delà des fantasmes sur les foules grégaires, ces amateurs éclairés, à travers le football, incarnent une histoire, des valeurs et un imaginaire débridé.

Le Poète aveugle
texte, mise en scène, images Jan Lauwers & Needcompany
du 11 au 22 Octobre 2017 
Grand Théâtre
Une remontée dans le temps de l’Espagne du XIe siècle, celle de Cordoue et de sa mosquée-cathédrale, celle des chevaliers en quête du tombeau du Christ en Terre sainte, est matière à réflexion sur l’Islam d’aujourd’hui et l’échange entre les peuples. Dans une scénographie toujours en mouvement, vêtus de costumes chamarrés et entourés d’une montagne d’accessoires, les comédiens de différentes nationalités, cultures et langues témoignent de leur héritage, des folies effroyables qu’ont connues leurs aïeux. De cet héritage oublié, enfoui, naît le besoin de porter et dire au monde, faisant de nous des poètes aveugles.

Les Barbelés
texte Annick Lefebvre
mise en scène Alexia Bürger
du 8 Novembre au 2 Décembre 2017 
Petit Théâtre
Quand un être humain réalise que des fils barbelés lui poussent dans le corps, que sa gorge et sa bouche en seront bientôt envahies, l’empêchant peu à peu de respirer, c’est alors que surgit l’urgence de la parole. Dire les derniers mots de l’ultime heure de sa vie, tant qu’il est encore temps. Les mots trop longtemps censurés, les mots qui débordent. Le choix de se taire, aussi.

Le Chant de l'oiseau amphibie
texte et mise en scène Wajdi Mouawad
du 17 Novembre au 16 Décembre 2017 
Grand Théâtre
Dynamitée par la violence du monde, l'histoire intime d'Eitan, un jeune scientifique allemand d'origine israélienne confronté à un violent conflit avec son père, montre comment, dans les luttes fratricides, il n'existe aucune réalité qui puisse dominer une autre. Tout conflit cache un labyrinthe où va, effroyable, le monstre aveugle des héritages oubliés.

Gus
parole Sébastien Barrier
musique, dessins
Nicolas Lafourest, Benoît Bonnemaison-Fitte
du 6 au 29 Décembre 2017 
Petit Théâtre
Sur un canevas déjà élaboré se brodent une immédiateté et une imprévisibilité inspirantes. Cette fragilité joyeuse sera renforcée par la porosité avec un public moins consensuel et plus naturel que sont les enfants ; promettant l’émergence de grands moments de spontanéité autour de la figure de Gus, chat plus attachant qu’il n’y paraît et célébration de la vie dans toute sa poésie.

Savoir enfin qui nous buvons
de Sébastien Barrier
du 23 au 30 Décembre 2017 
Grand Théâtre
Entre dégustation commentée, apéro documenté, prêche de bistrotier, prophétie de camelot, carnet de voyage oral, ode à l’ivresse et célébration du présent, Sébastien Barrier invite pour deux représentations exceptionnelles à savourer sept vins Ligériens et à découvrir les histoires des vigneron(ne)s qui les ont mis au monde.

La Maison
de Julien Gaillard
mise en scène et scénographie Simon Delétang
du 17 Janvier au 11 février 2018 
Petit Théâtre
Trois frères habitent une maison, semblant livrés à eux-mêmes. Un jour, ils découvrent une pièce condamnée, aux fenêtres murées, et observent des ombres qui bougent dans le miroir d’une armoire. Guidés par leurs sens, ils visitent la maison de pièce en pièce en quête de ses mystères...

Schatten (Eurydike sagt)
[Ombre (Eurydice parle)]

d' Elfriede Jelinek
mise en scène Katie Mitchell
du 19 au 28 Janvier 2018 
Grand Théâtre
Ici, Eurydice est représentée comme une femme d’aujourd’hui, subissant le joug d’Orphée, caricature du mâle machiste, nombriliste et possessif.
Eurydice envisage son voyage au royaume des morts comme une échappatoire à l’humiliation subie sur terre, comme le moyen d’acquérir sa propre liberté et de se consacrer à l’écriture, loin du monde.

Quills
de Doug Wright
mise en scène et espace scénique Jean-Pierre Cloutier, Robert Lepage
du 6 au 18 février 2018 
Grand Théâtre
Quills raconte l’histoire imaginée du Marquis de Sade, aux derniers jours de sa vie, enfermé à la prison de Charenton. Alors que le directeur de l’établissement croit pouvoir réhabiliter cet homme qui toute sa vie durant a exploré par sa plume les interdits de l’être humain, ses pulsions sexuelles et ses désirs immoraux, Sade parvient par d’astucieux stratagèmes à faire publier ses récits sulfureux. Jusqu’où l’un ira-t-il pour faire taire l’autre ? Qu’imaginera l’autre pour parvenir, jusqu’aux dernières limites du corps, à se faire lire et entendre ? 

Dîner en ville
de Christine Angot
mise en scène Richard Brunel
du 6 Mars au 1er Avril 2018 
Petit Théâtre
Rite social hérité du dîner de cour et transposé à l’aristocratie, capté par la haute bourgeoisie et copié par les nouveaux riches, le dîner en ville aura connu bien des aléas. Jusqu’à voir aujourd’hui certaines catégories sociales le dynamiter, créer leurs propres codes, inventer de nouveaux snobismes. Rituel indissociable de l’art du dialogue et du trait d’esprit, le dîner en ville porte dans son code génétique l’usage de la civilité, où le non-dit s’y entend mieux que les propos les plus appuyés, pour devenir le théâtre essentiel de la construction des dominations.
Au menu, Christine Angot aborde les notions de pouvoir et d’engagement dans le contexte d’une élection présidentielle française. Le texte est situé dans « l’avant » de cette élection, et dans le fantasme des résultats. Et l’action sert de cadre à la situation personnelle de Cécile, Stéphane et des autres.

Victoires
texte et mise en scène Wajdi Mouawad
du 14 Mars au 11 Avril 2018 
Grand Théâtre
Une jeune femme d’une vingtaine d’années, portée par l’intuition du siècle qui l’a vue naître et refusant celui qui s’ouvre à elle, se tue un matin en se jetant de la fenêtre de son appartement. Pourtant elle s’appelait Victoire, pourtant elle était portée par la force brutale de la poésie. Pourtant elle croyait aux mots qui disent les maux. Dans l’instant indicible qui veut qu’une femme choisisse de se donner la mort, il y a aussi parfois l’intuition d’un don comme si, par ce geste irréparable, ce qui ne pouvait être exprimé la mort seule savait l’offrir. Si nous sommes chacun des chagrins potentiels aux êtres qui tiennent à nous, si la disparition du moindre être humain est un trou béant pour la tribu qui l’aimait, alors nul, dans cette tribu qui sera envahie par la stupeur à l’annonce du suicide de Victoire, n’aurait pu imaginer la férocité de la transformation qu’une telle mort va engendrer chez chacun d’eux. Quand la disparition de l’un devient révélation pour l’autre, quand la mort terrifiante de la parole d’une jeunesse devient silence assourdissant pour tout un monde, quand la mort devient un geste posé avec une telle férocité, que tous devront bien reconnaître qu’un pas en avant a été fait, alors le nom de Victoire pourra devenir le nom de chacun et de ce nom éclore le mot de la vie.

À la trace
d' Alexandra Badea
mise en scène Anne Théron
du 2 au 26 Mai 2018 
Grand Théâtre
Au décès de son père, événement qui réveille un pan anesthésié de mémoire, Clara découvre un sac de femme dans ses affaires. À l’intérieur, peu de choses : quelques objets anodins et une carte d’électeur au nom d’Anna Girardin. Rien de plus, mais suffisamment pour que Clara décide d’enquêter.

Au Bois
texte Claudine Galea
mise en scène Benoît Bradel
du 3 au 19 Mai 2018 
Petit Théâtre
Dans cette adaptation très libre, contemporaine et urbaine du Petit Chaperon rouge, Claudine Galea interroge la peur ancestrale du « loup », celle de l’agression. Entre le conte et le périph’, la légende et le fait divers, Au Bois est une histoire d’insoumission et de liberté où les filles, qu’elles soient mères ou adolescentes, sont avant tout des femmes qui ne s’en laissent plus conter. Ni par les parents, ni par les loups, ni par les bois, ni par les chasseurs, ni par la rumeur, cette vox populi qui affiche sa morale puritaine et qui sournoisement a faim de vengeance et de sang. 

Au milieu de l'hiver, j'ai découvert un invincible été
[titre provisoire]
texte et mise en scène Anaïs Allais
du 23 Mai au 17 Juin 2018 
Petit Théâtre
Abdelkader Benbouali, comme personnage de fiction, l’auteure metteure en scène tente de tirer les fils de cette histoire blessée, sur fond de colonisation et d’indépendance, de ces fêlures qui courent encore aujourd’hui aux deux rives de la Méditerranée.
Abdelkader Benbouali a été l’un des premiers footballeurs professionnels algériens français à poursuivre une carrière en métropole. Champion de France avec l’Olympique de Marseille en 1937, sélectionné dans l’équipe de France pour la Coupe du monde de 1938, il a fait ses armes au Racing universitaire d’Alger, comme un certain Albert Camus, avec qui il joua au poste de défense au début des années 30. La suite de l’histoire va les séparer, l’un connaîtra le succès que l’on sait, l’autre, exilé, restera dans l’ombre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Benbouali rentre en Algérie où il s’intéressera progressivement à la lutte indépendantiste algérienne et collaborera avec le FLN. En 1958, il est arrêté par les parachutistes français. Le lieutenant chargé de l’interroger était un supporteur inconditionnel de l’OM. L’attachement à son club de cœur se révélant plus fort que celui qu’il avait pour l’Algérie française, il s’abstint de le torturer. De nombreux Algériens n’auront pas cette chance.

Je suis un pays
texte, mise en scène, conception visuelle et scénographique  Vincent Macaigne
du 31 Mai au 14 Juin 2018 
Grand Théâtre
Du drame épique au conte féérique, Friche 22.66, sa toute première pièce, met en scène anges et rois, communauté en péril et enfant-prophète dans un cauchemar d’angoisse dans lequel se confondent le mythe, le conte et le burlesque. Près de vingt années plus tard, Vincent Macaigne et sa troupe reviennent sur ce rêve de jeunesse, pour mieux en mesurer ce qui au fil de ces années a évolué dans notre société. Si Friche 22.66 dépeint un cauchemar, Je suis un pays en décrit le réveil. Le constat est sans appel, c’est celui d’une époque marquée par la tension, entre immobilisme assumé et insatisfaction croissante. 

Voilà ce que jamais je ne te dirai
conception et texte Vincent Macaigne
du 31 Mai au 14 Juin 2018 
Grand Théâtre
Ulrich von Sidow collabore à un spectacle immersif, sur un texte et dans une mise en scène de Vincent Macaigne, qui joue avec les limites de la représentation et qui interroge les relations entre art et pouvoir, identité de l’artiste et trouble de la création. Connu pour ses propositions aussi imprévisibles que radicales, l’artiste finlandais est ici confronté à une question qui est l’un des points de départ de Je suis un pays : l’art peut-il sauver le monde ?  Chaque soir, une vidéo-conférence de l’un des spécialistes de l’art d’Ulrich von Sidow introduit le spectacle.

Points de non-retour
texte et mise en scène Alexandra Badea
du 19 Septembre au 14 Octobre 2018 
Petit Théâtre
Comme dans les meilleurs récits, tout commence par une histoire d’amour. Dans la ferveur bouillonnante de la France pompidolienne de l’après-mai 68, des jeunes gens tombent amoureux, tous deux sont porteurs d’un lourd passé. L’un prend sa source dans l’Europe centrale de l’après-guerre, l’autre dans l’Afrique occidentale post-coloniale. Parviendront-ils à remonter le fil de leur histoire familiale pour vivre un présent serein ?

Révélation
de Léonora Miano
mise en scène Satoshi Miyagi
du 20 Septembre au 20 Octobre 2018 
Grand Théâtre
Révélation se déroule dans un espace mythologique. Inyi, figure de la divinité créatrice de l’Univers, doit faire face à une situation inédite : une grève. Les nouveaux-nés refusent d’avoir une âme incarnée en leur corps, ce qui est contraire aux lois de l’Univers, tant que les Ombres des âmes damnées n’auront pas rendu compte de leurs méfaits. L’espace mythologique de Révélation, c’est bien sûr l’Afrique, mais Léonora Miano n’écrit jamais son nom, parce que l’Afrique n’est pas une, mais multiple. De la même façon, elle reste dans le domaine de la fiction, car elle la sait plus forte que la dénonciation. Mais, pour autant, elle ne triche pas avec son sujet, en confrontant un continent à la réalité des crimes qui y ont été perpétrés.

Uso umano di esseri umani
[Usage humain d’êtres humains]
de Romeo Castellucci
du 13 Novembre au 2 Décembre 2018 
Petit Théâtre
C’est sur la simple injonction du Christ « lève-toi et marche » que Lazare ressuscita au Mont des Oliviers. Dans une iconographie entièrement inspirée de la fresque de Giotto, Romeo Castellucci soumet ce récit biblique à un exercice autour de la toute-puissance des mots, selon un système de simplification et d’abstraction progressives d’une langue dite « generalissima ». Fruit d’études sur les dialectes créoles et l’Ars Magna de Raymond Lulle, cette langue artificielle élaborée avec Claudia Castellucci se veut universelle. Fonctionnant par strates successives, jouant sur la compréhension cognitive, elle ramène l’utilisation de quatre cents termes à la quintessence ultime de quelques-uns.

Mort prématurée d'un chanteur populaire dans la force de l'âge
texte et mise en scène Wajdi Mouawad
du 14 Novembre au 16 Décembre 2018 
Grand Théâtre
Au seuil de la cinquantaine, Archibald Axe est un chanteur apprécié. Il jouit autant des suffrages du public que du respect du milieu de la chanson, bénéficiant d’une visibilité dans la plupart des médias officiels. Mais un peu moins qu’avant. C’est donc un chanteur au bord de l’amertume, qui fait cependant tout pour ne pas y sombrer. Songeant à sa longue carrière, l’idée d’une célébration parfois lui traverse l’esprit, mais son manageur a une meilleure idée. Rien de tel qu’une mort tragique pour redonner du souffle à une carrière vacillante et relancer les ventes de disques. Archibald décide donc de se faire passer pour mort et d’organiser ses funérailles.
Né de la rencontre entre Arthur H et Wajdi Mouawad, ce récit est celui d’une angoisse. Comment épargner les pères envahissants sans se tuer soi-même ? Comment vivre avec les pères absents ? Comment porter plus loin la parole non transmise de la génération qui nous a donné la vie 

Pratique


La Colline
15 rue Malte-Brun
75020 Paris
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