Critique OFF - La Machine de Turing : un hymne à la différence

Alan Turing, l’inventeur du premier ordinateur, a inspiré à Benoît Solès une pièce très biographique et psychologique. Benoît Solès qui interprète lui-même Alan Turing compose un personnage brillant, génial et remarquablement gentil. On est bouleversé autant par sa maîtrise des chiffres que par sa personnalité : bègue, il passe son temps à faire le pitre pour masquer une homosexualité qui lui vaudra d’être condamné en 1952 avant de décider de croquer une pomme empoisonnée, comme Blanche-Neige son héroïne préférée. Pomme croquée qui deviendra bien plus tard l’emblème d’Apple… On suit avec avidité le parcours de cet homme et même si on est dépassé par son agilité d’esprit (la façon dont il déchiffre les messages cryptés que les nazis s’envoient par l’intermédiaire de la machine Enigma ou la conception de son ordinateur qu’il baptise Christopher du nom de son premier amour), il réussit pourtant à nous persuader que penser n’est pas l’apanage de l’humanité mais peut prendre diverses formes et émaner aussi de machines. Plus qu’une biographie, c’est aussi un hymne à la différence qu’a écrit Benoît Solès et qui a été récompensé par quatre Molières.

Hélène Chevrier

La Machine de Turing, une pièce de Benoit Solès, inspirée par la pièce de Hugh Whitemore Breaking The Code basée sur Alan Turing: The Enigma d’Andrew Hodges, mise en scène Tristan Petitgirard, avec Benoit Solès, Jules Dousset ou Gregory Benchenafi. La Scala Provence, 3 rue Pourquery de Boisserin 84000 Avignon, 04 65 00 00 90, https://lascala-provence.fr


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